Synopsis : Philippe est chanteur et dans l’existence d’un chanteur, il y a des moments où tout s’accélère surtout quand une groupie déjantée, des parents délaissés, une ornithologue lunaire et un ami d’enfance coriace conspirent à vous compliquer la vie… Comment en sortir ?“En fait, tout a commencé après mon concert d’hier soir… je me retire dans ma loge, normal, pour me reposer… une ancienne connaissance me rejoint et m’invite à diner…. je me retrouve chez elle, mais en pleine campagne… du genre perdue au milieu de nulle part…. et là il y a un truc un peu spécial… je vous passe les détails… mais je suis obligé de m’enfuir… je crois que j’ai jamais autant couru que ce soir-là… Puis je tombe sur un cheval… dangereux… irascible… je marche pendant des heures dans la forêt, et tout à coup, je me retrouve là où j’habitais quand j’étais petit ! je vois deux vieux… en pyjama… mes parents… c’est trop, j’ai une sorte de syncope… Le lendemain, ma mère me réveille…. A ce moment, j’angoisse car je pense que je vais rater le car pour l’école… Bizarre, non ?”
Je suis un No Man’s Land est à mes yeux une énigme. Une sorte de mauvaise blague qui d’un point de vue cinématographique est un anachronisme et qui pour les fans de Philippe Catherine a de grandes chances d’être vus comme un potentiel chef d’œuvre…de non sens. En ce qui me concerne je risque d’être moins mesuré, mais l’idée reste quand même d’argumenter un minimum donc expliquons les points bizarres de ce film. Aussi étrange que cela paraisse, ce film m’a fait avoir en tête de façon assez fréquente la tentative artistique faite par Kanye West avec « Runaway » une sorte de grand ovni what the fuck qui fait se poser beaucoup de questions…sans vraiment en offrir en retour. Ce film donne l’impression d’être un écrin mal taillé pour Catherine, fait pour lui rendre hommage, mais ne sachant jamais comment s’y prendre.
Maniant le second degré et le côté nanar franchouillard de la pire époque avec un brio sans commune mesure ce film laissera le plus souvent dans un sentiment assez bizarre. Cela fait partie pour moi de ces trop nombreuses productions qui se font sur une seule et unique tête d’affiche sans prendre le temps d’y adjoindre un scénario digne de ce nom. Que ce soit dans sa romance avec cette femme étudiant la forêt, ses retrouvailles avec ses parents…les idées amusantes et avec un potentiel sont légions…mais il aurait juste fallu pour leur rendre justice que l’acteur les portant à l’écran…en soit encore un. Car c’est bien là que le bas blesse, quoi que l’on dise et je ne vais pas parler des qualités de chanteurs du monsieur…Philippe Catherine n’est pas un acteur et cela détruit un clin d’œil le potentiel déjà assez faible d’un film quasi mort né.
S’en suit une l’étude d’une œuvre déstabilisante, qui amuse d’un rire nerveux devant le côté raté volontaire de la chose. On se dit qu’en choisissant un autre acteur, sujet et surtout une équipe de réalisation plus intéressante le projet avait peut-être des chances de se trouver un public ou juste un sens. Car en l’occurrence et sans tirer sur l’ambulance, cette tentative de film est plus une sorte de gonzo cinématographique avec Catherine en vedette qu’un vrai film à part entière. C’est d’ailleurs ce qui me rend assez triste par rapport à la finalité de la chose, symptomatique du paysage français qui affiche cette volonté parfois dérangeante de faire de la merde… Car même en cherchant et me faisant violence j’ai du mal à voir ce « film » autrement que sous cet aspect. Ce n’est pas forcément le genre de jugement radical que j’aime porter, mais quand même « l’acteur » principal semble se foutre de votre gueule pendant tout le film, difficile d’y voir autre chose. Pour faire simple, un film à fuir.
Critique courte, mais franchement il n’y a pas grand-chose de bien à dire sur le sujet…
Tags: Aurore Clément, Critique du film, je suis un no man's land, Julie Depardieu, Philippe Katerine
chandleyr
January 5, 2011 at 09:10
Je suis un No man’s Land-Philippe Katerine-Critique du film – via Buzzmygeek http://www.buzzmygeek.com/?p=3084