Synopsis : Depuis l’enfance, Kathy, Ruth et Tommy sont les pensionnaires d’une école en apparence idyllique, une institution coupée du monde où seuls comptent leur éducation et leur bien-être. Devenue jeunes adultes, leur vie bascule : ils découvrent un inquiétant secret qui va bouleverser jusqu’à leurs amours, leur amitié, leur perception de tout ce qu’ils ont vécu jusqu’à présent. On a toujours un peu peur en allant voir un film adapté d’un livre que le matériel de base parte en fumée sous nos yeux. Je sais pertinemment que le travail d’adaptation n’est pas simple et que bien souvent les scénaristes préfèrent tout changer plutôt que de se creuser la tête. Mais parfois aussi, il arrive que certes des changements se fassent, des coupes ou autres, mais que le cœur de l’histoire reste. Que la petite touche de sentiments et d’humanité donnant à ce récit une saveur particulière soit toujours là. C’est définitivement le cas avec l’adaptation de Never Let Me go fait par Mark Romanek.
Est-ce que le sujet du film est réellement de la science-fiction ? Le thème du bébé médicament n’est plus vraiment une hypothèse de nos jours. Certes, cela ne se fait pas « encore » pour des raisons éthiques dans le même esprit que dans le film, mais c’est un fait qui existe déjà. Chose qui du coup laisse planer dans l’esprit ce moment de doutes où l’on se dit « Qu’est-ce qui empêchera alors la science de passer de l’autre côté de la barrière s le besoin s’en fait sentir ? » Never Let Me go n’est pas un film facile, joyeux ou fait pour vous remonter le moral. Regard froid sur les dérives de la science et la place de l’humain au milieu de tout cela, le film émeut autant qu’il taraude de questions. On est attendri autant que révolté par l’histoire de ces personnages. Du début à la fin on assiste à une véritable tragédie, une histoire d’amour morte dès la fin avec des « animaux de laboratoires » dont la société s’évertue a ne pas voir les sentiments pourtant à fleur de peau.
Que ce soit Andrew Garfield ( futur Spiderman) Keira Knightley ( toujours aussi belle) et la douce et délicate Carey Mulligan. Le trio d’acteurs portant cette histoire sur leurs épaules ne faillit à aucun moment. Certes on pourra se dire que l’ensemble n’est pas crédible, pourquoi ne réagissent-ils pas et acceptent-ils ce sort funeste sans rien dire ? Mais il faut replacer cela dans le contexte du genre où l’histoire se débat. Ces bébés éprouvette sont un peu comme les androïdes de Blade Runner ou de plein d’autres films ou romans. Des choses vues comme des monstres par notre société qui nie le fait qu’ils ont des émotions. C’est ce sur quoi tout le film repose l’éveil aux émotions de ces êtres qui ne devaient pas en avoir et le regard plein d’appréhensions qu’ils finissent par poser sur notre société. Car dans ce film au travers de cette histoire d’amour mélodramatique et des sentiments présents chez ces « non-être », le réalisateur, scénariste et auteur du roman font aussi une analyse sans concessions du manque de sentiments et détachements dont font preuve les vrais humains d’aujourd’hui. Le rapport de force dans les sentiments s’inverse, le soi-disant monstre est l’humain et ce dernier a au final tout du monstre. Une vision des choses qui sous certaines formes se dessinent insidieusement dans notre société actuelle.
Alors oui « Never Let me Go » est un film profondément déprimant et pourtant beau. Un paradoxe complet qui rend l’ensemble encore plus beau d’une certaine façon. Il n’y a pas de surprises on connaît la fin dès le début et c’est ce qui d’une certaine façon donne encore plus de force à l’ensemble en rendant le tout tragique. On regarde ce parcours d’éveil à l’humanité tout en sachant que quoiqu’il arrive il va se faire briser en bout de courses. Cynique, cruel, sans appel, le film n’épargne rien ni personne. Tragédie cruelle bizarrement moderne, Never let me go est l’antithèse du film commercial que j’adore. Un vrai film d’auteur qui sort du moule. Un trio d’acteurs brillant, une réalisation qui joue dans la même catégorie. Ce n’est définitivement pas un film pour tout le monde, mais si l’on fait l’effort d’aller vers lui, la déception en bout de course est tout sauf de mise. Un très beau film.





Never Let Me Go-Mark Romanek-Critique du film – via Buzzmygeek http://www.buzzmygeek.com/?p=4528
RT @chandleyr: Never Let Me Go-Mark Romanek-Critique du film – via Buzzmygeek http://www.buzzmygeek.com/?p=4528
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