Synopsis : Un braqueur s’évade de prison pour traquer son ancien codétenu, un tueur en série qui a entrepris de lui coller ses crimes sur le dos. Une policière de la Brigade des Fugitifs se lance à la poursuite du braqueur, devenu bien malgré lui l’ennemi public numéro 1. Quand chacun des protagonistes aura été au bout de lui-même, qui sera le chasseur, et qui sera la proie ? Je ne savais pas trop à quoi m’attendre avant de découvrir le film de Éric Valette, la présence de Albet Dupontel, acteur que j’adore avait été suffisante pour me convaincre de venir voir de plus près ce qui avait l’allure d’une très sympathique série B. Résultat des courses, j’avais tout sauf tort, même si le film souffre de quelques faiblesses.
La principale force du film est tout simplement Albet Dupontel. Caméléon impressionnant capable de se fondre dans n’importe quel rôle. Ici son personnage nous ramène vers des grandes figures du cinéma d’antan français, mix entre un Ventura taciturne et le côté physique du Belmondo de la grande époque, Dupontel étonne une fois de plus. Mais depuis Chrysalis je savais que les films d’action ne lui faisaient pas peur. Éric Valette met à contribution cette envie de son acteur principale de se mettre en danger et cela fonctionne à merveille. Taciturne, crédible, pas forcément sympathique, mais efficace, l’adhésion à la fuite éperdue de ce braqueur fonctionne. Du coup quand les séquences d’actions arrivent, on s’intéresse et l’on est dedans. Une synergie qui malheureusement tend à être oubliée par certains réalisateurs. Ce n’est pas le cas ici. Tant mieux.
Éric Valette sans non plus faire le film du siècle en terme de réalisation, réussit mine de rien à mettre en place un divertissement fort agréable. Certes il n’échappe pas au fait d’avoir certains rôles dont l’utilité est assez anecdotique ( aussi bien en terme de choix d’acteurs que d’épaisseurs du script), mais même ceux ne sortant pas de la case de l’archétype ( comme Sergi Lopez ou Alice Taglioni) réussissent à faire avancer l’histoire dans le bon sens. Le point où je suis un peu plus partagé réside dans le personnage du méchant qui s’essouffle un peu dans le dernier tiers selon moi. La faute n’en incombe pas à l’acteur Stéphane Debac qui livre ici une très bonne performance suffisamment sobre pour créer le malaise requis, mais au script qui à du mal à lui donner l’ampleur qu’il mérite pour rendre son personnage mémorable. Résultat le duel tourne très vite à l’avantage de Dupontel. Il n’y a pas d’égalité entre les deux rôles.Le film y survit sans mal, mais avec un peu plus de peaufinage sur le rôle du méchant, le duel aurait pu être beaucoup plus dantesque.
Éric Valette n’échappe donc pas à quelques problèmes de scripts et au fait de devoir jongler avec des personnages parfois un peu fin, mais dans l’ensemble s’en sort avec les honneurs. La proie est un film d’action intense qui rend hommage à une certaine sorte de divertissement à la française d’antan. C’est agréable de voir un film de série B qui ne se sente pas obliger de singer les codes du cinéma d’action américain à outrance. Sans être le film du siècle, la proie est un solide divertissement porté par un Dupontel impérial, on regrettera juste que dans le dernier tiers du film, le scénario ne tienne pas ses promesses et du coup laisse le spectateur un peu sur sa faim. Cela reste malgré tout bien plus agréable que pas mal de productions françaises du même genre sortie ces dernières années. Un bon divertissement.




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[...] La Proie, film d’action avec Albert Dupontel et Alice Taglioni, évasion, traque et cie (critique de BuzzMyGeek) [...]