Synopsis : Sommes-nous maîtres de notre destin ? Où sommes-nous manipulés par des forces invisibles ? David Norris entrevoit l’avenir que le Sort lui réserve et se rend compte qu’il aspire à une autre vie que celle qui lui a été tracée. Pour y parvenir, il va devoir poursuivre la femme, dont il est tombé follement amoureux, à travers les rues de New York et ses réseaux souterrains… J’ai toujours été fan de Philip K dick et à part quelques rares exceptions les adaptations de ses œuvres au cinéma n’égalent que rarement les livres. Difficile en effet de rendre honneur à ce pape de la littérature SF. Il faut avoir les reins solides et une compréhension de son œuvre. Ce n’est pas toujours simple et plus d’un s’y casse les dents. Est-ce que c’est le cas aussi ici avec « L’agence » ? En partie oui, mais mine de rien, cela n’empêche que je garde une certaine sympathie pour ce film.
Fut une époque où la SF et particulièrement celle de K DICK mêlait le côté divin et l’impact que le destin pouvait avoir sur notre vie (Siva…), ce qui du coup donnait naissance à des œuvres pas forcément grand public. Des choses très spéciales, mais qui malgré tout gardaient une saveur particulière. L’agence tente de garder cette même saveur sans vraiment la mettre à jour, c’est peut-être là que réside sa faiblesse majeure. En effet, le film est profondément old school dans les thèmes qu’il aborde ( la place et l’impact de Dieu dans nos vies…) et dans la façon dont le côté fantastique est mis en avant. On a parfois l’impression d’être devant un épisode de la 4e dimension qui aurait été colorisé à la perfection. Si l’on aime le genre et que s’impliquer dans une histoire sentant la naphtaline ne vous dérange pas, alors oui, l’agence peut fonctionner. Mais vu le public d’aujourd’hui, il était quasiment suicidaire de tenter un film de ce genre. Assumant complètement et peut-être avec trop d’entrain son côté revival d’une SF n’ayant plus lieu d’être, l’agence signe sa perte au box-office.
Est-ce que pour autant cela lui enlève certaines qualités ? Non , du moins pas vraiment à mes yeux. Matt Damon sans y trouver son plus grand rôle en compagnie de Emily Blunt livre ici une performance très sympathique. Le duo fonctionne bien et la romance qui les unit n’est pas des plus désagréables. Alors évidemment la fin du film souffre un peu de quelques facilités ou clichés old school, mais si l’on aime ce genre en particulier et qu’on est un peu familier avec l’univers de K Dick on nagera en terrain connu. Malheureusement, ce qui fonctionne sur le papier ne se verra pas doté toujours du même destin sur la toile. Si l’on se place avec un œil neutre et en pensant au plus grand nombre avant d’être un porte-parole de niche, il faut reconnaître que l’agence est un film mineur se tirant volontairement une balle dans le pied. Romance mysticoexistentialiste à l’ancienne, le film de George Nolfi avait relativement peu de chances d’être un succès en salle.
L’agence est une relique condensée des questionnements d’auteurs et d’adorateurs de SF old school. C’est courageux ( et suicidaire) de la part d’un studio d’avoir validé ce projet. Est-ce que cela en valait la peine ? Oui et non. Même si le casting est brillant et la finalisation du projet faite avec respect, on reste loin de ce que le public attend de nos jours. Je n’ai rien contre les films prenants le spectateur a rebrousse poils pour lui faire découvrir autre chose. Mais tout est question de dosage dans la façon dont on mixe les éléments. Ici George Nolfi semble faire avant tout un film pour lui, avant de le faire pour le spectateur. Il parle à une niche avant de parler au plus grand nombre. Un fait agaçant quand on se dit qu’avec un peu plus de travail l’osmose entre les deux parties était possible. Reste malgré tout la présence de Emily Blunt, toujours aussi magnifique. Élément central du film, elle en est son plus bel atout. L’agence n’est ni bon ni mauvais, c’est une relique d’un autre âge. À vous de voir si l’archéologie cinématographique vous tente…
L'AGENCE : BANDE-ANNONCE VF (The Adjustment… par baryla