Synopsis : Un écrivain en mal d’inspiration infiltre la vie d’une journaliste star de la télé et de sa fille danseuse étoile pour écrire à leur insu une biographie non autorisée. Pendant ce temps, en Bretagne, un garçon de 20 ans, Bruno, qui habite avec ses parents, ne sait pas encore les conséquences que toute cette histoire va avoir sur son existence…Les yeux de sa mère n’est pas forcément le film que j’avais l’intention de voir. Pour être honnête, il avait une place d’honneur toute faite dans la catégorie des films que j’avais l’intention de zapper volontairement. Puis pour je ne sais quelle raison, me voilà dans la salle en train de regarder ce film et le constat qui en découle fut contraire à mes attentes. Les yeux de sa mère joue certes sur les plates bandes d’Almodovar, mais même s’il n’en a pas le panache, le produit final réussit quand même à tenir la route. Intéressant et maladroit à la fois, le film plait autant pour ses qualités que certains de ses défauts. Ces derniers finissant d’une certaine façon de le rendre attachant.
Il est toujours difficile de faire un film choral sans laisser certains des acteurs sur le carreau. Parfois cela se fait volontairement et à d’autres moments par la force des choses. Le duo Marina Fois/Jean Marc Barr par exemple, n’écope pas forcément des rôles les plus présents, mais la façon dont ses parents d’adoptions sont mis en avant amène à l’histoire cette petite touche de réalisme qui la rend plus forte. Les yeux de sa mère est une histoire de famille dysfonctionnelle. D’un côté celle incarnée par Catherine Deneuve et sa fille, de l’autre celle du fils adoptif de Geraldine Pailhas et au milieu cet homme sans rien que représente Nicolas Duvauchelle. Être à la dérive, il va devenir l’élément rapprocheur entre ces deux camps que tout séparait jusque-là. Élément cherchant un sens à sa vie au travers des histoires de familles des autres, il ne fait pas forcément tache dans le paysage des névroses qu’affichent les différents personnages du film. Famille je vous aime et je vous hais. On la méprise autant qu’on l’aime et c’est cette absence de point de repère qui offre au personnage de Duvauchelle, une raison de creuser dans la vie des autres.
Mais c’est aussi au travers de ce voyage initiatique que le personnage révèle sa double facette. Fasciné par les failles et forces des personnes qu’il étudie, il baisse lui aussi la garde. Plus il avance dans son histoire et plus les familles se rapprochent ( indirectement grâce à lui) plus il se retrouve face au néant de sa propre existence. Face à quelque chose qu’il n’aura jamais. La paix de l’esprit, l’amour. À la fois égoïste, faible et manipulateur, le personnage de Nicolas Duvauchelle n’en est pas moins fascinant. Que ce soit au travers de sa relation avec sa mère de substitution (Deneuve), sa fille dont il est amoureux (Pailhas) et son fils qui le ramène à des troubles plus privés, l’histoire tisse lentement le portrait de ce personnage multi couches…Le film de Thierry Klifa met en avant des séries de poupées russes tentant tant bien que mal de vivre et comprendre celle qui se trouve en face de lui. Parfois cela fonctionne, parfois la main tendue revient en pleine face, mais par moment le contraire se produit. Des liens se resserrent et la vie reprend le dessus.
Alors oui on peut reprocher quelques facilités au film, mais dans l’ensemble, la surprise est bonne.Le spectateur découvrant les vies en parallèles de ces familles ne sachant plus se dire qu’ils s’aiment. Au travers du personnage de Nicolas Duvauchelle, écrivain à la fois vampire émotionnelle et épave à la dérive, chacun y verra midi à sa porte. On retrouve des morceaux de sa vie, de ses doutes. C’est imparfait, c’est un peu bancal, mais c’est malgré tout mis en place de la plus belle façon qui soit. Le tout grâce a une bande d’acteurs réussissant à faire tenir debout une histoire qu’au début j’avais tout pour détester. Comme quoi parfois les idées préconçues avant de voir un film sont les pires ennemies qui soit. Les yeux de sa mère est loin d’être le film parfait, il est parfois bancal, mais cela ne l’empêche pas d’être un beau film. Comme quoi…





RT @chandleyr: Les yeux de sa mère-T. Klifa-Critique du film http://t.co/ZH7SDra // de belles scènes à hôtel de la plage à St. A la Palud.
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moi je connais la raison de ta venue dans la salle! et ELLE s’appelle NANOUCHE cette raison.
@nanouche: Une raleuse avec des bonnes idées. Mon dieu