NB: Film vu dans une projo presse en VF. Je ne mentionne donc pas le travail de doublage de Johnny Depp
Définir Rango est une mission qui n’est pas la plus simple du monde. Pourquoi ? Tout simplement pour la bonne et unique raison que Gore Verbinski a au travers de ce film fait atteindre au genre du film d’animation une sorte de nouveau niveau totalement stratosphérique. Jusque-là Pixar avait la main mise sur les films d’animation avec plusieurs niveaux de lecture. Et bien depuis que j’ai vu ce dernier film difficile de cacher mon enthousiasme face à l’arrivée de ce nouveau shérif en ville. Rango est tout simplement énorme ! C’est comme si Big Lebowski, les frères Coen, Hunter S Tompson, Terry Gilliam et d’autres grands malades avaient pris la décision de mélanger leur cerveau pour créer une œuvre mutante qui à n’en pas douter va marquer son domaine. Oui Rango est brillant !!!
Pour ma plus grande déception j’ai vu le film en Français et du coup manqué le travail de Johnny Depp ( mais à ma surprise la plus totale, la VF n’est pas si mauvaise que je le pensais). Paramount a même laissé dans les dialogues VF les non-sens savoureux et l’humour à tiroir parfois très adulte provenant de la VO. Cela change des adaptations qui se retrouvent dénaturées en cours de route.Mais l’une des choses les plus incroyables et parfait dans ce film reste tout simplement Rango. Imaginez un instant, un lézard, mal dans sa peau, sans ami, mélange entre un Édouard Baer et Fabrice Luchini sous acides et votre esprit commencera à s’approcher de ce qu’est Rango. L’introduction du personnage et sa pièce de théâtre totalement délirante est un moment brillant pour mettre en scène ce qui nous attend avec lui. Mais surtout la meilleure entrée en matière pour développer la sympathie que l’on va pouvoir ressentir à l’égard de ce lézard totalement dingue.
Ce qui frappe d’emblée avec ce film est la prise de risque qu’il prend. Oui Gore Verbinski ici joue sur deux tableaux : l’aspect grand public et le côté film à la limite d’auteur et expérimental en animation. Le réalisateur se place loin des considérations ultras commerciales plaçant le film dans un cadre cousu de fil blanc. La force 1ere de Rango est justement d’être fou, imprévisible déstabilisant par l’avalanche de références obscures ou hardcore qu’il envoie dans les dents de son public. Mais le plus fou est que l’alchimie fonctionne, le film est bon, le scénario aussi et les personnages même jusqu’au méchant sont attachants au possible. C’est ce mélange des genres qui rend le film inclassable et aussi bon. Lors de ma 1ere vision ( la 2e étant la semaine prochaine en VO) j’ai eu la déception temporaire…de voir que j’allais voir la séance en VF. Horreur, malheur. J’ai un mépris absolu pour les VF qui ces dernières années sont synonymes de trucs fait au va-vite et nuisant la plupart du temps au potentiel du film. Quel ne fut donc pas mon immense surprise ( mais vraiment !) quand je me suis rendu compte qu’a tous les niveaux cette VF de Rango est peut-être une des plus brillantes faites depuis longtemps.
La raison derrière cela est peut-être simple, Paramount a pris la sage et judicieuse décision de ne pas prendre de star pour le casting de cette VF, mais des vrais doubleurs et surtout de ne pas dénaturer les doubles sens présents dans le texte. En résulte une expérience que l’on n’avait pas vue depuis un bail dans le domaine. On ne se retrouve pas mis à la rue de l’histoire à cause d’un doublage pathétique et raté, non ici le film jouit d’une osmose à tous les niveaux. Cela laisse encore plus de temps pour admirer le travail de fou fait par ILM sur la création de ce monde. Pour un 1er film d’animation, c’est une entrée fracassante dans la cour des grands. Il faut dire que cette compagnie a eu des dizaines d’années pour se préparer. En résulte un film qui dans son genre n’a pas à rougir des prouesses techniques de Pixar. Oui Rango est un Ovni de taille olympique, mais sincèrement par moment quel plaisir de découvrir des pépites pareilles !
Que ce soit au niveau de la mise en scène ou de la qualité de l’image de synthèse difficile de trouver quoi que ce soit à redire contre Rango. C’est une autre approche du film grand public. Une sorte d’hybride que l’on a du mal à cerner, plaisant autant aux enfants qu’au parent, mais abordant le problème d’une façon nouvelle. Surprendre le public est bien souvent une chose que les réalisateurs et les studios oublient de faire en route. Dreamworks prend des risques et aujourd’hui Paramount lance dans la bataille un outsider de taille. Je suis bien souvent critique ou grincheux devant le côté feignant du risque que certains studios ont a Hollywood, mais quand c’est le cas contraire qui se produit, je crois qu’il faut savoir mettre genoux à terre et rendre hommage. Paramount et Gore Verbinski sont heureux de vous annoncer la naissance d’un très beau bébé shooté aux hormones de Johnny Depp, un lézard pas comme les autres qui marque d’une pierre blanche un tournant dans l’approche du grand public par les Américains au travers du film d’animation. Adulte, bourré de références et juste beau a en pleurer, Rango est une des plus grosses réussites découverte en salle depuis longtemps. Pixar faites gaffe il y a un nouveau shérif en ville.










Rango-Johnny Depp-Critique du film – via Buzzmygeek http://www.buzzmygeek.com/?p=4789
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