Synopsis : Bobby Walker est l’incarnation même du rêve américain : il a un très bon job, une merveilleuse famille, et une Porsche toute neuve dans son garage. Mais lorsque la société qui l’emploie réduit ses effectifs, Bobby se retrouve au chômage, tout comme ses collègues Phil Woodward et Gene McClary. Les trois hommes sont alors confrontés à une profonde remise en cause de leur vie d’hommes, de maris et de pères de famille. Bien loin de ses talents de cadre supérieur, Bobby se retrouve obligé d’accepter un emploi dans le bâtiment pour le compte de son beau-frère. Cette expérience va le pousser à découvrir qu’il y a peut-être plus important dans l’existence que de courir après la réussite…Cela faisait longtemps que je n’avais pas eu de bon coup de cœur au cinéma et il a fallu que je vois « The Company Men » pour que la donne change. Le film de John Wells me fait penser à une fable à la Capra des temps modernes. Tout était là pour que le film se casse la gueule et c’est le contraire qui se passe.
The Company Men se paye le luxe d’un scénario et d’une mise en scène dont la finesse n’ont d’égal que l’efficacité. En effet à aucun moment, le film ne tombe dans un pathos larmoyant et c’est ce qui change la donne brillamment. Les acteurs s’accaparent l’histoire et les tourments dans lesquels chacun tombe sonnent vraies. Alors on pourra appuyer le fait que certaines des figures du film sont des clichés de l’imagerie américaine ( ce qui n’est pas forcément totalement faux), mais elles sont ici mises à contribution d’une excellente façon. Le film prend le choix de prendre des archétypes de personnages simples, où tout le monde peut s’y retrouver, et ce, dans le but que le spectateur voit l’impact émotionnel le frapper de plein fouet. D’ailleurs, c’est ce qui se passe assez vite. Impossible de rester hermétique au côté au final assez « motivant » de cette histoire. Nous ne sommes pas en effet devant le récit de personnes s’apitoyant sur leurs sorts, mais comment au travers de la tourmente, ils vont trouver la force de rebondir et faire en sorte de repartir.
C’est un peu en cela que le film me fait penser à du Capra Old School. Il y a cette dépiction du monsieur tout le monde américan, qui passe au travers des épreuves et réussit malgré tout à y survivre. Mieux encore il en sort grandi et retombe sur ses pieds pour mieux repartir. Là où chez certains réalisateurs cette épreuve aurait pris des allures de mélos imboufables, c’est le contraire qui se produit. Le réalisateur évite quasiment tous les écueils du film pour rester sur une ligne de conduite saine. On a le temps de vivre avec ses personnages et de se retrouver dans les tourments qu’ils traversent. C’est con à dire, mais cela fait du bien de se retrouver devant des films de ce genre qui prennent leur temps. Nous sommes dans une époque où les réalisateurs oublient d’avoir un scénario ou juste de le faire fructifier à l’écran quand bien même ce dernier est présent. Ce n’est définitivement pas le cas ici et autant le dire , mon Dieu que cela fait du bien.
Là où Oliver Stone avec son dernier Wall Street avait montré les arcanes de la crise en mode toc et bling bling, John Wells le fait lui au niveau des hommes et des femmes qui composent la vraie population. C’est humain, fin et ce n’est jamais vindicatif dans la façon de décrire les personnages. Qu’ils soient des faibles, des salauds, des types biens ou juste des gens tentant de survivre. La galerie de personnage est véridique, la situation elle aussi. L’association des deux du coup engendre une empathie et adhésion immédiate du spectateur face à l’histoire. On se fait avoir dans le meilleur sens du terme. The company Men émeut, fait réfléchir et se paye le luxe d’être un très bon film. Dans le flot incessant de productions qui nous assaillent, cela devient assez rare. Alors, autant le dire quand un bon film se pointe. Et ce film se nomme The Company Men. Définitivement validé !





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