Synopsis : Alors qu’il est sur le point de passer son examen final à l’école vétérinaire de Cornell, Jacob Jankowski perd ses parents dans un accident de voiture. À la suite de cette tragédie, il laisse tout tomber et rejoint les Frères Benzini, un cirque ambulant qui tente de survivre à la Grande Dépression… Autant être honnête dès le début, si vous n’êtes pas fan des films types mélo et que la simple présence à l’écran de Robert Pattinson vous donne de l’urticaire passer votre chemin. Water for elephants n’est pas pour vous. Mais en même temps en faisant cela je pense que vous commettriez une erreur. Pourquoi ? Tout simplement parce que mine de rien ce genre de spectacles certes à l’ancienne, mais mis en scène à la perfection et beaucoup mieux joué que prévu se fait bien souvent de plus en plus rares. De l’eau pour les éléphants est peut-être d’une certaine façon classique et prévisible, cela ne l’empêche pas malgré ce que l’on vous dira d’être un bon film quand même.
Se lancer dans l’aventure de ce film consiste à accepter un retour dans le temps. Une tentative imparfaite, mais attachante d’émuler le cinéma d’antan de l’âge d’or Hollywoodien. Ici le but n’est pas forcément de surprendre par les twists que l’on offre au niveau de l’histoire. Si l’on est logique, ces derniers sont cousus de fils blancs. On le sait et pour être honnête on l’accepte. C’est comme dans les comédies romantiques. On n’est pas là pour le plat, mais pour les saveurs qu’il procure. Et ce que Water for Elephants offre c’est un dépaysement complet, une mise en avant d’un monde que l’on connaissait qu’au travers des livres d’histoires ou Photos d’époque. Que ce soit par le biais d’effets spéciaux qui savent se faire discret ou de décors réels qui eux font dans le grandiose, le film de Francis Lawrence caresse l’œil du spectateur sans jamais l’agresser. On prend son pied, on voyage, on revient à la base de l’expérience cinématographique : se laisser aller et prendre plaisir à découvrir l’histoire que l’on nous compte… Car le film de Francis Lawrence pourrait presque être vu comme une sorte de conte de Noel de luxe d’une certaine façon.
Histoire d’un vieil homme à l’orée de sa vie qui revient vers sa seule et unique passion. Celle qui là où il l’attendait le moins a réussi à lui offrir la vie de rêve qu’il n’attendait pas. Au travers de cette histoire, le scénario nous donne l’occasion de découvrir une galerie de personnages simple, mais attachant où Robert Pattinson continue de confirmer le bien que je pense de lui. Je le trouve insipide dans Twilight, mais bizarrement dans un film comme Remember Me ou How To be, il avait réussi à me faire découvrir une autre facette de son jeu d’acteurs. Partie qu’il cachait un peu des yeux inattentifs des spectateurs de Twilight. Acteur au final curieux et touche à tout, il ne cesse de tenter des nouvelles choses, ce n’est pas toujours parfait, mais le simple fait qu’il soit désireux de ne pas rester les deux pieds dans le même sabot force ma sympathie. À la fois touchant et attachant dans son rôle de jeune premier romantique par la force des choses, il montre une nouvelle corde à son arc. Le résultat loin d’être désastreux est des plus encourageants pour la suite de sa carrière une fois que Twilight sera de l’histoire ancienne. C’est avec des rôles comme ce dernier qu’il réussira à se faire un nom par lui-même et pas juste via son alter ego de vampire.
Le reste du casting en la personne de Christoph Waltz et Reese Witherspoon souffre d’un léger souci. Les deux personnages sont très bons et jouer à merveille, mais une fois la fin pointant à l’horizon, difficile de chasser une petite frustration les concernant. Quand on dispose de deux acteurs de ce calibre, on s’attend à ce que l’épaisseur des personnages et le développement qui va avec soit plus massifs. Ce n’est pas forcément le cas et du coup malgré le talent des deux on reste un peu sur sa faim, la déception de ne pas en avoir eu plus se fait sentir. Le potentiel était là pourtant. Mais est-ce que cela veut pour autant dire que c’est insupportable à voir ? Loin de là. Les deux acteurs jouent sur du velours en respectant les codes inhérents à ce genre d’histoire. Le bon point justifiant la frustration est que si cela avait été mauvais dans tous les sens la pilule ne serait jamais passée. Hors ils nous ont montré du bout du doigt que quelque chose de splendide était bien présent (peut-être un jour via un hypothétique director’s cut). Au final, le trio d’acteurs porte le film à bout de bras en duo avec un réalisateur inspiré et désireux d’offrir l’expérience la plus old-school et agréable possible. Ce n’est pas parfait dans les grandes largeurs, mais l’intention est là et la finition suffisamment appliquée pour emporter mon adhésion.
Water for Elephants n’est donc pas le genre de film qui plaira à tous. Lent, hautement romanesque d’une façon sentant la naphtaline et misant beaucoup sur son look à l’ancienne, ce film en laissera sur le bord de la route. Mais ceux qui prendront le temps de se laisser emporter y découvriront un film bien plus agréable que prévu. Robert Pattinson trouve ici une occasion en or de s’aventurer hors des sentiers battus du teen-movie et le résultat lui va plutôt bien. Maintenant reste à voir la suite de la tournure que prendra sa carrière. Francis Lawrence quant à lui signe ici un film qui était de toute façon fait pour me plaire. À mi-chemin entre l’expérimentation et l’hommage à un cinéma qui n’existe plus à Hollywood, cette tentative de rallumer la flamme bien qu’imparfaite force largement la sympathie. Une très sympathique surprise a beaucoup de niveaux.





J’aime toujours autant lire tes critiques ! Il y a à la fois de la simplicité et du professionnalisme dans ton style !
Sinon, j’ai vraiment envie de voir ce film, mais j’ai justement peur que ce soit encore une histoire pour faire pleurer dans les chaumières, un peu comme “Remember me” (que je n’avais pas trouvé mauvais cela dit).
Mais sans doute que j’irai… =)
@fabien: merchi
L’interprétation de Pattinson est proche d’une certaine façon de son perso de remember me peut-on dire. Après sur le reste c’est le jour et la nuit je te rassure. Les avis étaient très différents en sortant de la projection, mais franchement je n’ai pas détesté du tout. La preuve je le conseille en fait. :p
RT @chandleyr: [Avis]De l’eau pour les éléphants-Robert Pattinson-Critique du film http://t.co/LZuWk8Y via @chandleyr
Merci pour cette chouette critique!
J’étais assez tenté après avoir vu la bande annonce au ciné mais j’avais besoin d’un “vrai” écho. C’est chose faite et ça m’a plutôt conforté dans mon envie!