Synopsis : Par une chaude journée d’été, une bicyclette est retrouvée dans un champ de blé. Une jeune fille a disparu depuis plusieurs jours. Vingt-trois ans plus tôt, au même endroit exactement, était assassinée Pia. Le cauchemar va-t-il recommencer. La dernière que j’avais vu un film relatant l’enquête autour d’un meurtre et que cela m’avait fait un tel effet c’était pour Zodiac (David Fincher) suivi de très près par le sublime Memories of A murder. Deux films incroyables décrivant à merveille le calvaire des victimes, des enquêteurs et l’incroyable complexité de l’enquête. Un film américain et un coréen, il ne manquait plus qu’un film allemand inattendu pour compléter le tout et c’est ce qui arrive avec « il était une fois un meurtre ». Un superbe film et océan de noirceur absolu qui ne cesse pendant toute sa durée d’emmener le spectateur encore plus profond. Autant être honnête, même s’il n’est pas forcément graphique, le film n’est pas pour tout le monde. La sensibilité de chacun sera mise à l’épreuve vu qu’ici on parle d’un sujet tabou : la pédophilie et la relation « tendue » entre deux tueurs.
Les choses qui m’ont frappé dans ce film sont légions, mais les majeurs restent le scénario écrit de main de maître et la réalisation qui évite quasiment tous les faux pas. On passe sur les sujets graves sans trébucher dans le graveleux et sans pour autant rater l’occasion de provoquer un effet sur l’esprit du spectateur. L’économie de moyen aboutissant pourtant aux mêmes effets est assez brillante. Le film prend son temps pour installer son atmosphère, très similaire à Memories of a Murder en terme de tempo, il est pour autant beaucoup plus noir a mes yeux. Cela tient en la nature des deux personnages principaux. Un est un monstre et l’autre en est avec un fond d’humanité. La force du scénario est de jouer sur ces zones d’ombres pour durant tout le film mettre en place un sentiment de malaise dans la tête du spectateur. Ce dernier assiste à un spectacle malsain sans siler. Ce deuxième personnage principal pourrait être n’importe qui…c’est d’ailleurs un monsieur tout le monde. Le point sadique est la précision médicale que le scénario prend à mettre à mal toutes les couches de protections qu’il avait mises autour de lui. Il était une fois un meurtre est presque d’une certaine façon une histoire d’attirance romantico dominatrice et morbide entre-deux pédophiles. Le tout fait avec une finesse incroyable sur la forme, mais une noirceur toxique sur le fond. C’est ce numéro d’équilibre constant qui rend le tout juste grandiose.
À la fois enquête policière, drame humain et véritable descente aux enfers, il était une fois un meurtre surprend et dégoute avec une aisance inquiétante. L’atmosphère est l’arme de choix pour frapper le spectateur ici et le réalisateur réussit parfaitement à en tirer le meilleure partie. On s’enfonce dans les méandres d’une relation malsaine entre ces deux personnages principaux et le plus déroutant est de se rendre compte très vite que chacun des repères que l’on espérait trouver pour se raccrocher vol en éclats. Les personnages ont tous un double visage, et parfois le côté sombre que l’on sent s’esquisser s’avère encore plus sombre et tourmenté que prévu. Mais tous autant qu’ils sont ont une énorme force, ils sont écrits parfaitement et ce jusque dans leurs pires travers. Ils sont humains jusqu’au bout des ongles et pas clichés pour un sou. Cela change et rend le voyage encore plus éprouvant.
Délicieusement malsain dans la limite du supportable en apparence, il était une fois un meurtre est comme un poison qui prend son temps pour s’infiltrer en vous. Plus les minutes passent et plus votre corps tentera de lutter contre ce feeling qui le ronge de l’intérieur. Dégout, interrogation, le film ne laisse pas insensible. Chose qui au final est plutôt très bon signe. Il était une fois un meurtre ne rate pas du tout sa cible. Bien au contraire, il la touche en plein cœur et ne fait pas de détails avec le reste du cadavre. Un très bon film et monstrueuse surprise. À voir absolument !





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[...] Il était une fois un meurtre sera pas mal bon aussi. (critique par buzzmygeek) [...]