Synopsis : Claudio, ouvrier dans le bâtiment, travaille sur un chantier dans la banlieue de Rome. Il est très amoureux de sa femme, enceinte de leur troisième enfant. Un drame inattendu va soudain bouleverser l’insouciance de cette vie simple et heureuse. Pour survivre, Claudio va affronter avec rage l’injustice intime et sociale qui le touche. Le soutien de sa famille, de ses amis et l’amour de ses enfants vont l’aider à réussir le pari de la vie. Dans la catégorie des films que je n’avais pas l’intention de voir, « la nostra vita » occupe une bonne place et pourtant j’ai quand même sous la pression fini par aller voir de quoi il en retournait. Ce film à l’ancienne comporte autant de bons côtés que de défauts. Le plus amusant au final est que malgré tout la machine réussit à plus ou moins bien tenir la route durant tout le métrage. Porté il est vrai de main de maître par l’acteur principal du film Elio Germano qui livre ici une performance aussi touchante que forte.
Mais est-ce que cela suffit à mettre de côté les longueurs dans le film et des petits détails au final un peu agaçants. Ce racisme ordinaire qui parfois imprègne les films italiens comme si de rien était ou des moments un peu trop poussifs dans le tire larmes. Cela dépendra de votre degré de tolérance. La nostra Vita est une descente douce amère dans le quotidien d’un homme affrontant les pires épreuves pour faire en sorte d’offrir à ses enfants un futur. Sans pour autant se perdre en route. Du fait de l’interprétation sans faille de Elio Germano le film évite de sombrer dans un côté déprimant ou pompeux qui aurait eu raison de lui assez vite. L’humour au final léger, mais rafraichissant dont les seconds rôles font preuves aide aussi pas mal à faire passer la pilule. Portrait d’une famille autant que des travers d’une société italienne à la dérive, La nostra Vita sonne vraie. C’est sa plus grande force.
Le deuil de l’être aimé et la paternité coute que coute sont le cœur du film. Comment faire pour survivre à l’un sans faillir dans l’autre ? Une question qui chez chacun trouvera des finalités différentes. Ici le réalisateur décide de faire en sorte d’emmener le spectateur dans un voyage qui malgré son apparente noirceur n’est pas exempt de touches d’humour ou de bulle d’air. A l’image d’un cinéma italien d’antan, c’est le noyau familial qui est la pièce maîtresse ou du moins son impact sur la vie du héros pour l’aider à s’en sortir. Au travers de cela, nous trouvons ainsi l’occasion parfaite pour découvrir des personnages qui même si l’on aimerait les voir plus, illumine l’écran d’une présence aussi simple qu’efficace. Mélange casse-gueule entre comédies et drame, la nostra vita réussit pourtant à faire en sorte de ne pas trop décevoir ni dans l’un et l’autre. Chose qui au final est une bonne surprise, vu que je pensais que l’ensemble s’écroulerait dans les deux domaines. Comme quoi…
Expérience dépaysante pour une cinéphile bourrin comme moi, la Nostra Vita oscille entre petits moments de plaisirs simples, lenteurs mal assumées et interprétations au couteau. Tout le monde ne sera pas forcément en passe d’aimer ce film d’amour fou, mais l’atmosphère qui s’en dégage et le fond lui-même rattraperont en route certains spectateurs sur le départ. Parfois il est bon de tenter sa chance en s’éloignant de son pré carré cinématographique. Ce fut le cas en ce qui me concerne avec la Nostra Vita. Est-ce que cela me donne envie de rattraper mes lacunes dans le cinéma italien actuel ? Pas forcément. Est-ce que cela m’évoque le souvenir d’un très mauvais moment passé en salle ? Non plus. Imparfait, attachant et au final dépaysant, ce film ne laisse pas indifférent. Ce qui au final est un point suffisant pour justifier l’expérience en salle. À voir pour son acteur principal surtout qui livre une brillante performance. Après tout, le monde ne sera pas forcément sensible au charme du reste du film…A mi-chemin entre plaisant et banal à la fois…



