Synopsis : Bahia Benmahmoud, jeune femme extravertie, se fait une haute idée de l’engagement politique puisqu’elle n’hésite pas à coucher avec ses ennemis pour les convertir à sa cause – ce qui peut faire beaucoup de monde vu qu’en gros, tous les gens de droite sont concernés. En règle générale, elle obtient de bons résultats. Jusqu’au jour où elle rencontre Arthur Martin, comme celui des cuisines, quadragénaire discret, adepte du risque zéro. Elle se dit qu’avec un nom pareil, il est forcément un peu facho. Mais les noms sont fourbes et les apparences trompeuses… Voilà un film assez bizarre, aussi irritant, qu’attachant. Le nom des gens est une sorte d’autobiographie de la rencontre du réalisateur avec sa femme ici scénariste. C’est hybride, c’est bancal, voire parfois attachant, et c’est surtout une expérience cinématographique assez paradoxale.
Faire un film sur la façon dont deux êtres de cultures différentes peuvent finirent par se rejoindre, et ce, malgré les différences familiales ou culturelles qui les séparent est casse-gueule. On peut tomber dans l’excès d’un côté comme de l’autre et je ne cache pas que le nom des gens se vautre dans ce problème majeur plus d’une fois. Le scénario manque par moment de finesse. Alternant les très bonnes idées très vites balayées par un humour un poil trop lourdingue voir juste caricatural. Éminemment politique dans son fond, le film prend un peu le risque d’en laisser plus d’un sur le carreau. Certes il est intéressant d’avoir un sous texte, mais quand ce dernier finit très vite par dévorer l’histoire centrale et noyer les personnages principaux dans une ombre un peu trop envahissante, c’est qu’il y a un souci. Là où des films anglais par exemple jouent dans la même catégorie sans pour autant se perdre en route, le nom des gens lui a du mal à tenir la cadence.
Pourtant, ce ne sont pas les bonnes idées de réalisations ou la présence d’un humour assez inattendue qui plombent le film. Non c’est ce sentiment de roue libre par moment. Sarah Forrestier héritant d’un personnage sympathique, mais qui très vite du fait du côté un peu trop léger du scénario ne dépasse jamais vraiment le cadre de la caricature. C’est dommage, car le personnage en lui-même avait du potentiel. Tout comme celui de Jacques Gamblin. Archétype parfait des deux tourtereaux que rien ne devait destiner à se rencontrer, les deux souffrent malgré tout de ce manque de finition au niveau de l’écriture. À l’image du film et de son mélange improbable entre message sérieux et humour décalé à l’anglaise, le réalisateur ne sait jamais quoi faire de son histoire ni de ses personnages. Exemple parfait avec l’apparition de Lionel Jospin dans le film. Gag qui tombe à plat très vite vu le côté au final sans intérêt de la séquence. Mais malgré tout un paradoxe perdure, un petit truc que l’on ne s’explique pas forcément.
Même si l’océan de défauts qui se trouvent devant nos yeux semble incroyable, on finit quand même par avoir une once de sympathie pour le film. C’est surtout au travers de l’histoire des deux familles des tourtereaux que ce sentiment prend racine. On sent que sur ce point en particulier le réalisateur et sa femme y mettent beaucoup d’eux même et c’est la grande force de ce film semi-autobiographique. Un bel hommage a l’histoire de leurs parents et un film bancal quand on en vient au moment où ils doivent parler d’eux. La romance entre Gamblin et Forrestier est comme une montagne russe, on passe de grands moments de décalages très drôles à des zones d’ennuis profonds où l’écriture se prend les pieds dans le tapis. C’est à la fois aussi insupportable qu’attachant. Je ne dis pas que j’ai adoré, je ne dis pas que je déteste non plus. J’avoue que je pense revoir ce film d’ici quelques mois, histoire de le laisser mûrir un peu. Un ovni voilà ce qu’il est, à vous de voir si l’aventure vous tente. Je ne sais pas ce que le résultat donnera sur vous ?




c’est bancal, plein d’énergie,ça tombe un peu à plat, on pleure ,on rie,décomplexé