Synopsis : Homme d’affaires à succès, symbole d’un capitalisme moderne et décomplexé, Michel Ganiant a tout : l’argent, le pouvoir, l’amour. Et il veut que ça se sache. Alors qu’il s’apprête à réaliser le “coup” de sa carrière, il accepte de se laisser suivre par la caméra de Joseph Klein, journaliste impertinent et engagé. Ce devait être une ode au génie du grand homme. Ce sera un voyage sidérant et jubilatoire dans les coulisses du business et la vie des riches et puissants. Bienvenue dans le monde de Michel Ganiant. Pas de bol, c’est aussi le vôtre… Dans la catégorie des films que je qualifie d’excellente surprise, « moi,Michel G, milliardaire, maître du monde » se taille une place de choix. Fusion parfaite entre l’esprit d’un Michael Moore, le côté poil à gratter de Groland et d’un regard cynique et sans concessions sur notre société, le film touche au bout et n’épargne en rien les zygomatiques des spectateurs. Du tout bon sur toute la ligne.
Que se passerait-il si au final un jour Michael Moore tombait sur un personnage tellement abject et énorme qu’il n’est plus qu’une seule chose à faire : poser sa caméra et le suivre . Inutile de travestir la réalité quand celle-ci finit par dépasser de mille lieux nos rêves les plus fous. Michel G, le roi de la finance, le requin sans cœur prêt à tout pour le business, c’est l’équivalent d’un Jean Marie Messier en pire. Mais ce qui fait froid dans le dos est qu’ici la caricature au final sonne vraie. C’est l’un des énormes points forts du film, il réussit à nous avoir sur plusieurs niveaux. À la fois comédie et analyse sans pitié du monde économique qui est le nôtre, ce film passe de l’ombre à la lumière avec une facilité déconcertante. On rigole autant que l’on réfléchit sans que l’un ne vienne obstruer la place de l’autre. Critiquer le système des grands patrons et des magouilles en coulisse était casse-gueule. Les occasions de se prendre les pieds dans le tapis multiples et pourtant Michel G échappe à quasiment toutes ses ornières.
« La faute » à un duo d’acteur s’en donnant à cœur joie. Aussi abjecte et manipulateur l’un que l’autre par moment, laure Laffitte et Francois Xavier Demaison réussissent à donner à ces deux personnages un côté humain où l’on s’y retrouve. Laffitte malgré son côté Robin des Bois ne peut se départir d’une naïveté confondante face à la façon dont le monde de Michel G tourne… Il pense tout savoir pour au final se rendre compte qu’il est manipulé comme les autres. Le justicier ne l’est que par ce que le système où il évolue lui laisse la fantaisie de le croire. Et ce système de « bandits en col blanc » trouve ici un formidable porte-drapeau dans le personnage de Michel G. A la fois proche d’un Sarkozy et d’un Jean Marie Messier, Francois Xavier Demaison crée un personnage aussi antipathique que profondément attachant dans ses travers. Un connard attachant, voilà ce qu’il est. Pourquoi ?Tout simplement parce qu’un personnage comme cela n’existe qu’en film. En croiser un dans la vraie vie relèverait du miracle. Le faire sur grand écran tient plus de l’imaginaire partiellement concrétisé.
Faux documentaire shooté à l’essence de Michael Moore et enrobé d’un cynisme sans commune mesure, Michel G est définitivement une excellente surprise. Là où je n’attendais absolument rien concernant ce film, je me suis retrouvé face à une excellente surprise. Francois Xavier Demaisons confirme ici une fois de plus tout le bien que je pense de lui. Une fois le film fini on en vient presque à espérer qu’un jour prochain, il reprenne le personnage pour lui donner une suite. Vu la tournure que prend la vie économique française, il y a de la matière pour cela. Michel G est donc un film qui se range dans la catégorie des outsiders, les productions auxquelles ont n’apportaient pas trop d’importances et qui une fois découverte en salle, vous disent poliment de ramasser vos dents ou vos zygomatiques en sortant. La très bonne surprise des comédies françaises à venir.



