Synopsis : Royaume de France, 1550, en Bretagne.Philibert, robuste gaillard d’une vingtaine d’années, fils aîné d’un cultivateur d’artichauts, se démarque des autres garçons du village. Idéaliste, candide, il se prédit un avenir glorieux dans l’artichaut et préserve sa virginité pour celle qu’il ne connaît pas encore, mais que Dieu lui destine. Avant de trépasser, son père lui apprend qu’il n’est pas son vrai père. Celui-ci était un gentilhomme, Fulgence Bérendourt de Saint-Avoise, lâchement assassiné par un Bourguignon avec une tache de vin en forme de rose dans le cou. Sa besace remplie d’idéaux et d’artichauts, Philibert quitte son village et galope vers la Bourgogne, accompagné de Martin son valet un peu fourbe. Le courage de Philibert, sa charité, sa pureté physique et morale seront ainsi mis à rude épreuve face à la bassesse et à la vénalité des vilains et la tentation des femmes plus libidineuses les unes que les autres…
Les parodies à l’ancienne ont repris du poil de la bête grâce à OSS117, les deux films de Michel Hazanivicius ont offert à ce genre casse-gueule de véritables lettres de noblesse. Du coup je faisais partie de ceux qui attendaient Philibert comme un digne héritier de cette mouvance. Autant être honnête ce n’est pas le cas et l’on en est même assez loin au final. Là où la saga des OSS apportait un détail quasi maniaque au tempo, au scénario, à la mise en scène et au look du film ( retro), le constat est loin d’être aussi brillant pour Philibert. La volonté est là, mais c’est au niveau de la finition que la magie ne prend pas vraiment. 1er erreur et qui pour moi est en partie fatale au film, son image. En effet, prenons l’exemple de deux films comme Black Dynamite ou OSS117, ces deux films faisaient en sorte d’imiter de la façon la plus crédible qui soit le look des films d’antan. Amenant même le spectateur le moins averti a douté de la date de création du film. Du coup le côté humour à l’ancienne, décalage ou sentiment de dépaysement passait comme une lettre à la poste. Ici Philibert commet un peu l’erreur de jouer le film à l’ancienne, filmé comme un film moderne avec une image ultra léchée. C’est certes artificiel, mais pas suffisamment pour donner l’illusion de l’âge. Résultat on regarde le film comme un sketch de notre époque, pas comme un film d’une autre époque et cela nuit au spectateur qui tente de rentrer dans l’histoire.
Vient ensuite le problème du scénario. Philibert souffre de gros problèmes de rythmes et d’efficacité dans les blagues. On sourit et rigole de temps en temps de très bon cœur, mais entre chaque étape le temps est un peu long. Jérémie regnier fait ce qu’il peut pour donner de l’ampleur à son personnage, mais ce qui fonctionnait au théâtre dans la pièce Florimont (qui avait un héros assez identique) devient assez poussif ici. On s’ennuie un peu face au côté répétitif de son interprétation et de la mise en scène qui se construit autour de lui. Le seul point positif pour moi dans les acteurs est Alexandre Astier. Certes on reste dans la mouvance de son personnage de Kaamelott , mais le fait de le voir jouer ce méchant de pacotille comme un Louis de Funes sous acides m’a fait beaucoup rire. C’est peu certes, mais l’on fait avec ce que l’on à. Le reste du casting est malheureusement assez anecdotique, Manu Payet en tête. Tous souffrent d’un scénario qui au final ne leur donne pas vraiment de quoi exister suffisamment pour imprimer durablement la pellicule.
Philibert est-il un ratage absolu ? Non je ne dirais pas cela, mais avec un peu plus de travail sur le scénario et une mise en scène plus inspirés, le film n’aurait pas eu à souffrir de l’ombre très envahissante de OSS 117. Difficile de passer après Michel Hazanavicius qui a définitivement balisé le terrain. Du coup Sylvain Fusée peine à convaincre pleinement de l’intérêt des aventures de son héros. Tout aussi con et sympathique que le héros de OSS 117 ce jeune puceau fait malheureusement pâle figure face à l’agent secret le plus con et raciste du cinéma français. Reste au final un film par moment sympathique et franchement boiteux le reste du temps. Dommage.




