Synopsis : Josh, son épouse et leurs trois enfants vivent depuis peu dans leur nouvelle maison lorsque l’aîné tombe dans un coma inexpliqué. Étrangement, une succession de phénomènes paranormaux débute peu après. Un médium leur révèle alors que l’âme de leur fils se trouve quelque part entre la vie et la mort, dans la dimension astrale, et que les manifestations sont l’ouvre de forces maléfiques voulant s’emparer de son enveloppe corporelle. Pour le sauver, Josh va devoir lui aussi quitter son corps et s’aventurer dans l’au-delà… Il y a des films que l’on vous vend comme étant des possibles bonnes surprises. Le genre de film qui va sortir du lot et réussir à vous faire passer un bon moment.Insidious devait faire partie du lot. Une fois le film vu en salle malheureusement la vérité est tout autre. Insidious alterne entre médiocre, potable et franchement pathétique. Un mix qui donne à l’ensemble un aspect très bordélique qui au final achève toute empathie que le spectateur pouvait avoir pour ce projet.
Le gros souci de ce film est son budget. Cela se sent qu’il est misérable et pourtant James Wan fait preuve d’imagination pour tenter des choses et créer la peur. Le hic reste que cela n’aboutit que rarement. Le film étant de son côté une véritable montagne russe des sentiments. On passe de l’ennui à l’espoir en un clin d’œil avant de retomber aussi vite dans le côté grand guignol. Car c’est bien là que le bât blesse. N’est pas Robert Wise qui veut et faire un film jouant dans la cour de la maison du diable demande un minimum de travail a défauts de talents. La chose intéressante de Insidious est la bonne volonté du réalisateur. Du fait des contraintes de budgets, il se force à travailler avec l’espace réduit et à créer la peur avec les moyens du bord. Je ne cache qu’à deux reprises il y réussit. Mais c’est sur tout le reste que le bât blesse. La surutilisation de la musique pour appuyer les moments faisant peur, parfois à l’avance tue toute panique. On n’éprouve rien. On suit l’histoire comme une longue ligne blanche.
Pire encore vient le pic de déception fourbe. Ce petit moment caché derrière l’espoir qu’un court paquet de minutes le film vous avait offert. Cadeau vite fait et vite repris pour vous laisser spectateur par la suite d’une production qui part dans tous les sens. Un peu comme l’exorcisme d’emily Rose le film s’écroule à partir d’un certain point pour partir dans le grand guignol. C’est à partir de là que le point de non-retour est franchi et qu’il n’y a juste plus d’espoirs. En témoigne ce final grand-guignolesque. Insidious n’est pas un film c’est un fourre-tout d’influences mal digéré auxquels’ajoute des impératifs marketing mal venus. En résulte du coup un produit bâtard, assez prévisible et jamais vraiment terrifiant. La vérité est que le film faute de budget passe à côté de son potentiel. Chose assez rageante quand au final la matière était là pour faire une bonne histoire.
Représentatif d’une nouvelle façon de créer la peur au cinéma, Insidious est très loin des canons d’antan dans le domaine et d’un certain côté c’est très dommage. Le fait de faire un film prenant place dans une maison « quasi hantée » est passionnant. Le genre étant balisé, il y avait un défi à relever pour renouveler le genre. James Wan ne le fait jamais vraiment. On est plus devant l’œuvre d’un technicien accompli à qu’il manque juste l’œil d’un compteur d’histoire et accessoirement un scénariste. Fait pour une bouchée de pain, le film reste très honorable sur le plan technique, mais cela ne fait pas forcément toujours un film. Si vous êtes à la recherche d’un grand film d’horreur, passez votre chemin. Si vous voulez voir un navet entre potes autour d’une pizza ou d’un énorme sachet de pop corn, Insidious est un choix qui s’impose. Le visionner n’engendrera pas d’effets secondaires. La seule sensation désagréable restera peut-être celle d’avoir perdu son temps. Mais cela devient fréquent avec bon nombre des films d’horreur sortant d’Hollywood ces dernières années. Je ne m’inquiète donc pas , au pire vous aurez la migraine…Cela aurait pu être pire.




