Synopsis : Juste entre nous est une histoire contemporaine à huis clos sur les passions érotiques et les secrets bien gardés de la bourgeoisie. Sous la forme de portraits, ce film est une brève incursion dans les vies à Zagreb de deux frères, leurs femmes, leurs maîtresses et leurs enfants. Doubles vies et relations amoureuses parallèles sont mêlées dans cette histoire douce-amère sur la quête incessante de l’amour et du bonheur, sur la passion qui ne cesse d’exister, et sur les terribles conséquences qui en émanent. Il y a des films que l’on s’attend à détester pour tout un tas de mauvaises raisons et qui en bout de courses vous surprennent dans le bon sens. Juste entre nous fait partie de cette catégorie. Comédie douce amère sur la vie plutôt décousue de deux frères, ce film oscille entre rires et émotions sincères pour un portrait de vie plus réussi que prévu.
Que faire quand les deux héros d’un film sont en fait des antihéros . Lâche, queutard, coureur de haut vol, alcoolique. Ils enquillent les défauts et pourtant malgré tout cela ne les empêche pas d’être sympathiques. Portrait d’hommes et de femmes tous à un croisement de vie « Juste entre nous » est dans son genre (sur le scénario) assez juste dans la palette de sentiments qu’il décrit. On peut lui reprocher une certaine facilité dans la construction, mais ce qu’il y perd en originalité se retrouve en cœur avec ses personnages hauts en couleur. C’est d’ailleurs là que la force du film se joue. Que ce soit à la hauteur des personnages masculins ou féminins, la balance s’équilibre entre les deux. Il n’y a pas de misogyne ou féminisme idiot. La part des défauts est la même à droite ou à gauche. Chose qui du coup aide à se retrouver un peu dans certains des doutes des personnages. On les croise au gré d’une vie qu’ils auraient voulue meilleure et s’avère au final assez banal. Qu’est ce que l’on en retire en bout de course ? Des bribes de questionnements sur son existence. Les personnages sonnent vraies tout comme l’émotion qui va avec sur certains points. C’est une des forces du film.
L’autre réside dans son humour. Le film entier baigne dans ce sentiment au final si peu désagréable. Même dans les pires des situations, le comique finit toujours par pointer à l’horizon. On y découvre alors une autre facette de certains personnages, plus fragile et sur la corde que prévue. Le film joue aussi beaucoup de cela pour amener voir même nuancer l’amertume de son propos global. C’est une idée assez judicieuse et qui au final paye en bout de course. La fluidité de narration y gagne et l’on s’accroche au final un tant soit peu à ces personnages totalement abimés de l’intérieur. Miki Manojlovic qui jouait le père de Largo dans « Largo Winch » reste une des surprises du film. Je ne connaissais pas cet acteur et le rôle dont il écope ici lui permet de faire découvrir au spectateur néophyte comme moi une facette de son personnage laissant vivace l’envie d’en voir plus. Tout comme les autres acteurs du film, son rôle lui colle à la peau. Montagne russe d’émotions, il me fait penser par certains moments à une version étrangère de Daniel Auteuil. D’ailleurs dans un remake français du film, le choix de Auteuil pour le jouer serait une véritable évidence.
Juste entre nous se range donc dans la catégorie des petites surprises. Les films qui passent entre les gouttes et qui face à la concurrence de mastodontes vont sûrement se faire dévorer. Cela n’empêche le film de garder une certaine fraîcheur et un plaisir de visionnage assez sympathique. Comédie douce amère sur les relations humaines et la recherche à tout va d’un plaisir éphémère, ce petit film marque des points dans son étude des relations humaines. Inattendue et sympathique une agréable surprise.




