Woody Allen à force de quasiment faire un film par an aurait-il perdu de sa magie? On peut le penser en regardant les derniers membres de sa filmographie. Mais pourtant parfois du moins en ce qui me concerne et même dans les films les plus moyens, il arrive à me surprendre. Oui Midnight in Paris est une œuvre mineure de sa filmographie. Oui cela ressemble à une carte postale fait pour des Américains cherchant à comprendre les Français que nous sommes. Oui Carla Bruni est juste d’une nullité effrayante. Oui tout ce que vous avez lu est vrai, mais pourtant aussi bizarre que cela puisse paraître le film possède un certain charme. À la fois flirtant avec le fantastique, la romance et l’étude de mœurs propre à Allen, ce film avait suffisamment de cartes en mains « casse-gueule » et pourtant il réussit plus ou moins à s’en sortir.
Le charme désuet qui se dégage de ce film est ce qui le sauve totalement. Dès que Owen Wilson se retrouve à changer d’époque , le film décolle et prend une saveur toute particulière. La galerie d’acteurs qu’il y croise dans des rôles célèbres y est pour beaucoup. Tom Hiddleston ( Loki dans Thor) en Scott Fitzgerald est excellent, tout comme Adrian Brody complètement loufoque en Salvador Dali. Du côté des femmes le film n’offre pas forcément beaucoup d’occasions de briller, Marion Cotillard fait dans son rôle de muse une prestation correcte, mais pas inoubliable, Kathy Bates quant à elle s’amuse, mais est capable de bien mieux. La catastrophe tant attendue vient bel et bien de Carla Bruni. Pour être honnête, je pensais que les bruits de couloirs la concernant étaient un peu trop massifs pour être réels. Mon Dieu que j’avais tort. Elle est tout simplement catastrophique. On sent l’hésitation, la peur ou le stress dans chaque ligne de dialogue qu’elle dit devant la caméra. Elle est à peine une chanteuse et définitivement pas une actrice. Elle n’apparaît que dans très peu de scènes du film, mais ce sont sans mentir à chaque fois les pires. Erreur de casting parfaite !
Mais même si l’ensemble est imparfait, c’est le côté fantastique bon enfant de l’ensemble qui offre au film la bouffée d’air frais salvatrice. Woody Allen s’offre ici une petite partie de plaisir mettant en scène un paris historique et de carte postale que son double de cinéma explore avec une passion enfantine. Les saynètes qu’il nous fait vivre. Les personnages que l’on y rencontre, tout tend à faire passer la pilule des nombreuses erreurs qui jalonnent pourtant le film. Car oui, l’ensemble est loin d’être sans défauts, mais si l’on ferme les yeux (enfin façon de parler) sur cela et qu’on entre dans l’esprit de ce touriste-artiste en panne d’inspirations le voyage est tout sauf désagréable.
Bien qu’apparemment suicidaire l’emploi du fantastique se fait de façon assez subtile. Sans se perdre en explications, l’utilisation qu’Allen en fait se rapproche presque de certains romans de Matheson ou vieux Pulp. C’est parfois la simplicité qui paye le plus et ce film en donne un exemple probant. Effectivement vu sous l’œil d’un spectateur français, ce voyage nocturne dans Paris partira avec beaucoup d’effets en sa défaveur et pourtant c’est là que joue la magie du cinéma, Allen réussi à les faire oublier en cours de route. Naïf, frais et totalement boiteux, c’est dans sa masse impressionnante de défauts que le film trouve son charme. Le tout sous la houlette d’un Owen Wilson parfait en artiste candide à la recherche d’idées, d’inspirations et surtout de lui-même. Une surprise un peu bancale, mais pas forcément désagréable.





J’espérais justement que tu fasses une critique sur ce film !
Moi, j’attends juste qu’un cinéma de ma ville le diffuse en VO, car hors de question d’aller le voir en espagnol (je suis actuellement en Espagne) !
@fabien: Une comédie légère et un peu anecdotique, mais malgré tout charmante. C’est à la fois exaspérant par le côté carte postale et en même temps on ne peut s’empêcher de sourire. Va comprendre