Le millenium de David Fincher n’a au final qu’un seul et unique défaut, celui de ne rien amener de plus fondamentalement à l’histoire que l’on connaît déjà. Le premier film suédois et ce dernier en mode US avec un budget plus grand partage le même ADN à défaut de la même carrosserie. Les moyens sont plus grands, la réalisation plus parfaite et pourtant en bout de courses, il faut bien se rendre à l’évidence cela ne change pas grande chose. Cela du coup réduit le film à un magnifique exercice de style assez courant avec le public américain. Plutôt que de montrer le film d’origine, on préfère le refaire à nouveau quitte à laisser de côté la moindre once d’originalité narrative. Car oui, le film souffre peut-être d’un manque de surprise en terme d’histoire, mais ce n’est pas du tout le cas quand on en vient à la réalisation. Une fois de plus Fincher montre l’étendue de son talent et les non-limites de sa créativité. Certes l’ensemble est moins impressionnant ou prenant et poisseux que son dernier chef-d’œuvre Zodiac, mais l’on reste à un niveau de qualité en terme de réalisation que beaucoup de réalisateurs ne font qu’effleurer du bout des doigts en une carrière entière.
Là où par contre le film donne une variation intéressante tout en restant très fidèle à l’histoire d’origine, c’est dans la façon dont les deux personnages principaux : Mikael Blomkvist et lisbeth. La relation ténue et fragile qui se tisse entre les deux personnages constitue le cœur émotionnel du film et c’est ici que Daniel Craig et Rooney Mara amènent quelque chose de plus chacun à leur façon. Dans le cas de Craig, ce dernier amène une fragilité et un charisme beaucoup plus fort à son personnage ( paradoxe) que ne l’avait fait l’acteur d’origine. Constamment sur la brèche et s’enfonçant de plus en plus dans les ténèbres d’une histoire de famille où il n’aurait jamais du venir, son personnage s’affirme comme un antihéros parfait. Le monsieur James Bond laissant plutôt place à Monsieur tout le monde et c’est justement sur cela que se joue la connexion avec Lisbeth. Cassés par la vie à différents niveaux, les deux personnages sont des radeaux à la dérive. Chacun dans un état différent, mais coulant peu à peu vers le fond et c’est dans ces fêlures que l’attirance entre les deux va se jouer. Rooney Mara livre ici une performance tout simplement stellaire quand on voit à quel point elle se noie dans le personnage pour lui donner vie.
Les puristes trouveront peut-être à redire en prétextant que cela n’arrive pas au niveau de toxicité de Noomi Rapace dans l’original, mais je dis que cela n’a au final rien à voir. Pris dans le carcan du cinéma Hollywoodien, il faut dissocier les deux approches descriptives du personnage. Dans l’histoire des personnages féminins forts qui ont fait surface à l’écran chez l’oncle Sam y’en a-t-il beaucoup qui dégage un tel degré d’humanité/fragilité et violence que la Lisbeth de ce remake ? Je ne pense pas que Fincher, son scénariste et l’actrice ai eu le désir de faire un copier-coller du personnage, nous sommes plus face à une variation, voir même adaptation. Adapté pour mieux trahir. Dans tout le film l’enquête principale au final n’est qu’un argument narratif servant d’accompagnement à l’évolution de Lisbeth. Personnage central dont on suit avec attention l’évolution et l’ouverture vers le monde. Le film laisse beaucoup de zones d’ombres concernant le passé de la jeune femme, mais se concentre sur le principale sa volonté de tourner la page avec ses démons et sa rencontre avec Mikael Blomkvist est le signal qu’elle attendait pour cela.
Dès ce moment et malgré l’ambiance pesante que Fincher réussit à faire peser sur son film, une nouvelle lueur commence à apparaître entre les lignes. Capable d’acte de violence sans borne comme d’héroïsme inattendu, le personnage de Lisbeth évolue. Statut primordial pour créer une empathie avec le spectateur. Lisbeth est le cœur du film et l’enquête tout comme Mikael Blomkvist des satellites gravitant de façon désordonnée autour d’elle avant d’entrer dans la trajectoire de collision. Du coup, la tonalité du film s’en retrouve quelque peu différente de ce que l’on attendait. Lent, humain et dérangeant, c’est quasiment le parcours chaotique d’une rencontre qui n’aurait jamais du avoir lieu qui se crée devant nos yeux. Romance impossible au parfum de meurtres, le film de Fincher garde l’essentiel de l’œuvre d’origine en y apportant quelques subtiles variations émotionnelles via son casting et ses choix de réalisations. Est-ce que pour autant on redécouvre un nouveau film ? Non pas vraiment. Juste une sublime variation qui fera un effet monstre sur les gens n’ayant ni lu et vu les originaux. Dans le cas contraire, difficile d’être totalement surpris…





Très belle surprise pour ma part ! J’avais trouvé la version suédoise un peu ennuyeuse et l’acteur faisant Mickael bien fade. Là ça marche : le duo avec Lisbeth (épatante Mara !) et l’évolution de leurs rapports sont prenant. Pas le meilleur Fincher certes mais de la belle ouvrage comme on dit ! (mention spéciale à la BO et au générique de début complétement à l’opposé du film : j’adore!)
j’ai pas de chance ,j’ai vu la version de Fincher an avant -première 2 jours après la diffusion du film suédois sur M6 (qui est bien meilleur que dans mon souvenir) .Cette nouvelle version est plus hollywoodienne,mieux dirigée,mieux écrite ,mieux jouée (Craig is plus sexy) mais n’apporte rien de nouveau et l’enquête parait laborieuse
En plus Fincher fait de Lisbeth une punkette qui attend le prince charmant
Malgré tous ses défauts,la version suédoise avait une rugosité qu’il manque chez celle de Fincher
PS:La BO ,Rooney Mara et le générique du début sont ceux qu’il a de mieux dans le film à mon humble opinion