Underworld est une saga que l’on regarde avec des yeux distraits. J’entends par là que ce n’est pas à cause de la qualité incroyable du script, ni de la profondeur psychologique des personnages que l’on a une envie sans fin de connaître les incroyables twists qui vont se succéder devant nous. Non, la grosse raison est la suivante, la saga Underworld titille la fibre masculine basique en offrant des nanas canons, des gros guns, des énormes scènes de bastons et un peu d’histoire au milieu. C’est une solution qu’Hollywood maitrise plutôt bien et emploie assez souvent quand elle n’a pas grand-chose à dire et désire faire en sorte de ne pas trop le cacher, mais quand même gagner de l’argent. Fruit d’un certain type de production à savoir les blockbusters cheap sur lesquels les réalisateurs débutants se font les dents pour des budgets moindres, ce nouveau Underworld laisse dans la ligne directrice de la saga « Prends l’argent et tire toi ». Ni mémorable, ni particulièrement désagréable, ce 4e volet se laisse regarder. Sans pour autant jamais dépasser le stade de pilote de série Tv.
Prenant le parti de rebooter d’une certaine façon la saga en suivant l’histoire d’amour entre Selena et son loup-garou de petit ami que l’on avait vu dans le 1er film, ce 4e volet compense son manque de profondeur par une ultra violence aussi jouissive que ridicule. Car pour être effective, cette dernière se doit d’être un minimum viscéral, que l’on en viennent à craindre pour la vie des personnages se trouvant au milieu de la bataille. Or ici ce n’est jamais vraiment le cas et ce pour plusieurs raisons, la plus évidente est le script qui ne s’encombre pas de psychologie. Les auteurs partant du principe qu’en réutilisant des anciens personnages cela les dispenseraient de revenir sur le passé de ces derniers ou de faire évoluer grandement les motivations. En second lieu vient le fait que la violence est ici utilisée tout comme les courbes de l’héroïne, comme un simple argument de vente que l’on rehausse à gros coup de sang numérique. On ne ressent rien de malsain, au contraire on trouve cela cool. La violence étant l’antithèse de ce sentiment, le film dans ce domaine part directement dans le mauvais sens. Mais bizarrement, un détail et non des moindres sauve l’ensemble : la réalisation.
Faisant fi d’un budget que l’on imagine pas forcément énorme, les deux jeunes réalisateurs se font plaisir et arrivent à créer un univers visuel plutôt agréable. Certes, il n’y aura pas de grandes surprises pour ceux connaissant déjà la saga et ses codes visuelles, mais il n’y a pas de fautes de goût notoires pointant à l’horizon. Ce qui mine de rien est plutôt une bonne chose. Reste maintenant au-delà de ces considérations techniques une question à se poser, celle de l’intérêt de la chose. Arborant les codes d’un pilote de série Tv, ce 4e volet essaye de changer la donne en introduisant bon nombre de nouveaux personnages, concepts et forme de menace. Il offre aussi une continuité maladroite à l’histoire d’amour de base. Mais en ne faisant pas l’effort d’aller au-delà de ce statut, il crée une frustration. Le genre de celle qui laisse inscrit en gros en travers de l’affiche, le petit signe « vache à lait ». La saga Underworld est au cinéma ce que le DLC est au monde du jeu vidéo…Si tu veux la suite du développement de l’histoire, « payes et viens voir le prochain numéro ». Un mantra qui s’applique aussi bien à la saga Resident Evil d’ailleurs.
Médiocre et pourtant facilement regardable, ce 4e volet partait avec de bons atouts dans la manche. Faute d’un script assez solide et ne prenant aucun risque narratif au profit d’une action aussi jouissive qu’inodore, le film remplit calmement son contrat. Un petit film sympathiquement dispensable.




