L’économie du cinéma tel que nous la connaissons est-elle en passe de subir une énorme modification? C’est la question que l’on peut se poser en regardant les succès de films comme Paranormal Activity, The Devil Inside…tout un tas de films produit pour un budget dérisoire et qui au box office font des profits la plupart du temps monstrueux. Universal vient d’annoncer son intention de produire « Vigilandia » par l’un des producteurs de Paranormal Activity Jason Blum. Michael Bay sera aussi de la partie niveau production via sa compagnie Platinium Dunes. Là où des films gâchent parfois des millions en marketing et en frais de tournage, cette nouvelle forme de cinéma se développe de plus en plus et séduit les studios. Retour au source du vrai cinéma? Ou au contraire ouverture d’une boite de pandore cinématographique? La question est légitime et la réponse pas forcément si positive quand on y pense…
Là où l’on aurait pu être en droit d’attendre quelque chose de qualité, il faut bien reconnaître que la plupart du temps ces films souffrent d’un énorme fardeau dès le départ. Ce sont des « coups marketing ». Film fait à l’économie, avec les risque que cela implique pour la qualité du script. The Devil Inside malgré son démarrage record se fait éreinter par la critique sur la qualité intrinsèque de son scénario et si l’on va dans ce domaine là ce n’est pas le seul. Hollywood a découvert via ce type de production un moyen simple et rapide de faire la culbute niveau budgétaire. Un mode d’action au final compréhensible…d’une certaine façon vu qu’il équilibre les risques et pertes prises avec les gros blockbusters. Ces derniers coutant de plus en plus chère et ne rapportant pas forcément toujours autant que prévu, des petites productions trouvent une place d’honneur dans la jungle de la production cinématographique. Reste maintenant à prier pour que la qualité fasse un bond en avant au travers des prochaines productions. Dans le cas contraire, ce qui est un succès aujourd’hui et montre un potentiel certain, va vite finir par fondre comme neige au soleil. Le public se désintéressant de ces productions de plus en plus formatés dans le domaine du cinéma de genre.
Le cinéma de genre est dans le cas présent vu comme un laboratoire. Ce n’est pas la qualité qui compte le plus, mais l’efficacité. Les jeunes réalisateurs se font les crocs sur ses projets dont personne ne veut, il gagne en respectabilité en cas de succès. Le studio lui de son côté réussit à maintenir les coups dans un domaine raisonnable et tout le monde s’y retrouve. Mais est-ce qu’au final cela ne témoigne pas plus d’une forme de désamour qu’autre chose. Chacun se reposant sur la théorie du « prends l’oseille et tire toi ». C’est un concept, un art de vivre, mais le hic reste que cela se ressent tellement dans les productions qu’au final en ce qui me concerne j’ai de plus en plus tendance à fuir ce genre de films qu’autre chose. N’y a t-il donc que les anglais ou les espagnols pour réussir à tirer le meilleur parti d’un budget microscopique? Ce sans se perdre dans les méandres du cliché et de la facilité? Je m’interroge…



