La trilogie Spiderman de Sam Raimi m’a toujours laissé dubitative, alternant les grandes séquences héroïques et d’autres affligeantes, le film à autant de fans que de détracteurs. Je ne vais pas à nouveau rentrer dans le débat opposant les pro raimi à ceux plus ouverts et ne voyant pas d’un mauvais œil le reboot d’une trilogie boiteuse. Alors oui quand ce projet a vu le jour, j’ai eu des doutes comme beaucoup et puis au fur et à mesure des images, j’ai commencé à prendre le problème différemment. Je n’aime pas forcément le fait que les studios rebootent à tout va à l’attention d’un public parfois plus jeune, mais ici le cas de figure est assez différent, voir même assez intéressant au final. La trilogie de Raimi est au final assez bâtie autour des souvenirs d’antan du Spiderman avec lequel Raimi a grandi. Je ne dis pas que c’est un Spiderman sentant la naphtaline que Raimi a mis sur pieds. Non c’est tout simplement sa version avec ses hauts et ses bas. La version de Marc Webb se nourrit de la génération Ultimates. Prenant les mêmes bases, mais les pervertissant en cours de routes en y injectant des codes plus aptes à parler aux jeunes générations sans forcément s’aliéner l’autre part du public, on peut dire que ce Spiderman s’annonce comme un hybride.
Sony lors de la présentation nous a fait découvrir la bande-annonce ainsi que 8 minutes du film. Choix un peu bizarre d’une certaine manière vu que beaucoup de plans et d’effets spéciaux n’étaient pas complets. On peut donc envisager cette présentation sous beaucoup d’angles. La mienne sera de dire qu’en fait Sony a monstrueusement confiance dans son bébé et sait que même sur une version pas encore complète, les fans sauront reconnaître le potentiel. Le résultat final est que le risque paye. Le trailer ainsi que les images donnent diablement envie. S’articulant autour d’une série d’axes assez attendue, elles donnent un bon avant-goût de ce qui nous attend avec le film : la romance ado ( avec ce que cela amènera de critiques…). Oui Parker est un ado, maladroit, un peu gauche et ne sachant pas forcément aborder les femmes. Lors de la scène entre lui et Gwen Stacey dans les couloirs de l’école, on retrouve un peu de l’alchimie qui se dégageait des personnages de 500 Days of Summer ( du même réalisateur). Une approche réaliste et parfois un peu niaise certes, mais qui touche au but. La relation entre ces deux personnages étant un des fils rouges de la construction du personnage de Peter Parker/ Spiderman la voir prendre vie de façon réaliste ne me gêne pas. C’est au contraire une bonne chose, car ici le réalisateur et les scénaristes n’oublient pas de coller à la Psychée du personnage et surtout à son âge. 1er bon point.
2e axe la famille. Au-delà de la simple relation entre Peter Parker et sa tante après la mort de son oncle, le film étend cette dernière en rajoutant une autre couche : celle de sa vraie famille. Et instille assez malicieusement un fil rouge pour les prochains films vu que le méchant du film Lizard aussi bien que le père de Parker travaillait pour Oscorp…une compagnie appartenant à un méchant que les fans connaissent bien. La famille et les impacts que son absence peuvent avoir sur un adolescent seront aussi au cœur de l’histoire. Le tout culminant dans l’opposition entre Parker et ce « méchant » ancien ami de son père et dont les premières images laissent comprendre que Peter Parker est responsable de sa mutation. Le tout en l’ayant aidé à finir la formule que son père n’avait pas réussi à résoudre…ou peut-être pas voulu d’ailleurs. Les bases de la relation et de la dynamique qui se mettent en place ici me font presque penser à celle de Bruce Wayne face au Joker. Confronté à sa propre création et aux dégats qu’elle cause, tout comme aux ramifications qu’elle a avec son passé, Parker se retrouve dans l’obligation d’évoluer, d’assumer ce qui n’était jusque-là qu’un jeu pour devenir comme son père quelqu’un aidant les autres. A la seule différence que les pouvoirs à sa portée ne sont pas du tout les mêmes. Dans le schéma narratif qui se met en place, ce Spiderman pourrait faire penser à une version teenager de Batman Begins. Ce n’est pas totalement faux et le peu que j’en ai vu tend même à appuyer cette hypothèse. Mais je suis loin de trouver cela gênant, tant au final les éléments s’emboîtent bien.
Et last but not least, le spectaculaire ! Là où Raimi prenait une approche très colorée, souvent au grand jour et donnant ainsi une tonalité différente à la ville, Webb choisit de son côté une approche différente. Les grosses séquences d’actions semblant se passer majoritairement de nuit, renforçant encore la parenté avec le chevalier noir. La ville y est ici vue de façon plus tentaculaire et ce nouveau Spiderman donne l’impression d’avoir une place à se faire dans cet univers. La ville n’est pas encore à lui, il est là pour la dompter aussi bien que les criminels qui la polluent. Il y a du challenge à tous les étages et l’atmosphère étouffante qui se dégage des séquences de combats ( nettement plus spectaculaires que dans les 3 films de Raimi, à l’exception de la séquence du métro vs Octopuss dans le 2) laisse présager de très bonnes choses.
Mais la très bonne surprise est Andrew Garfield. Je n’ai jamais cru en Tobey Macguire dans le rôle de Peter Parker et c’est peut-être de là que naît ma non-adoration de la trilogie d’origine. Difficile d’y croire quand on ne croit pas une seconde dans le rôle principal et que ses pitreries vous agacent plutôt qu’autres choses. Mais ici, Garfield réussit un petit tour de force. Aussi classieux dans l’action que dans le loufoque, il se montre crédible à tous les étages. Certes ce n’est qu’une preview, mais suffisamment bien foutus pour montrer que l’approche prise par Andrew Garfield pour donner vie à un nouveau Peter Parker fonctionne. Alors oui ce n’est qu’une preview et je le répète encore, oui tous ces propos n’engagent que moi et ne font pas paroles d’évangile. Mais que ce soit au niveau de l’action, du drama, de l’humour et de la romance, l’approche que prend ce reboot me botte nettement plus que l’ancienne. Certes ici deux écoles vont s’affronter, celle du Spiderman Traditionnel a la Sam Raimi et la nouvelle de Webb venant de la saga Ultimates. Laissez les pros et les contres se prendre la gorge, les deux fonctionnent très bien, même si désormais je tends à dire que ma préférence va sans faillir vers ce reboot. Drôle et spectaculaire, il semble en passe de tenir toutes ses promesses. Vite la suite !
Tags: avis des critiques, Critique, Critique du film, review
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