[Critique] Young Adult-Jason Reitman-Critique du film

et Jason Reitman. L’association de deux noms que la logique aurait voulue victorieuse et pourtant, cela n’est pas toujours le cas. Car comme on le sait bien, la logique réussit parfois l’exploit de se prendre les pieds dans le tapis. Je n’attendais rien de « Young Adult » pour la simple et bonne raison que je n’ai vu ce que sur le nom de Jason Reitman. Erreur de débutant ? Excès de confiance ? Surement un peu des deux. Car il faut bien être honnête, « Young Adult » est un raté. Une sorte d’Ovni totalement bizarre, cynique, tournant à vide, pas drôle pour un sou et qui en bout de courses…ne rime pas à grand-chose. Oui, le constat est peut-être un peu violent, mais pourtant réaliste. Difficile d’avoir un sentiment positif envers un où le réalisateur tout comme la scénariste semblent faire une thérapie de leur névrose en mode inversé. La de personnages justes fadasse, insupportable et totalement imbouffable. Là où dans In The Air, Reitman avait mis en place la courbe de croissance d’un personnage passant de l’ombre à la lumière, c’est au contraire le parcours de la stagnation qu’il met ici de la façon la plus paresseuse. Son héroïne n’évolue pas et c’est écrit ainsi. On fait du surplace en sa compagnie pendant toute sa durée du film. On presque à un snuff mentale, tant le réalisateur et la scénariste prennent plaisir à enfoncer petit peu à petit peu leur héroïne dans un trou de plus en plus profond.

Cas d’école de la noirceur la plus absolue à l’égard de son personnage le qui est envoyé dans les dents de relève d’une perversion assez magnifique envers le personnage et le spectateur ou bien d’un délire qui m’a laissé totalement de glace. Quel est l’intérêt de montrer avec une telle précision chirurgicale l’absolue nullité de la vie de ce personnage. Là où d’autres dans une certaine posture plus classique offrent même au pire des salauds une porte de sortie vers une rédemption ou juste un avenir plus lumineux, ici ce ne sera jamais le cas. Young Adult c’est un peu comme regarder une bête prise au piège pendant une heure et demie et que tout le monde sait que sa vie est finie et lui laisser l’espoir que ce n’est pas le cas. La personne à l’intérieur de la cage vaut-elle mieux que celle qui l’entoure aux yeux de son réalisateur ? Pas une seconde. Détestable, creuse et d’une arrogance pathologique le personnage de Charlize Theron se construit uniquement sur l’apparence. C’est son arme, sa marque de fabrique, l’aidant à cacher aux yeux du monde les autres failles qui l’habitent. Elle se nappe dans l’idée que personne ne les voit et pourtant au-delà de son apparence, sa soi-disant arme est aussi sa plus grande faiblesse. Les gens l’entourant s’étant très vite rendu compte qu’elle n’avait strictement rien d’autre à offrir. Il n’y a encore qu’elle pour se persuader du contraire. Résultat des courses, là où elle pense avoir un pouvoir, cela reste les autres qui l’ont toujours sur elle et ce retour aux sources ne fait que le démontrer encore plus.

Prise aux pièges de ses propres contradictions et de son horloge biologique qui avance, elle se lance sur les traces de son passé certain de pouvoir le reprendre là où il s’était arrêté. Malheureusement, là où elle stagne, les autres avancent. C’est ici que le film se prend les pieds dans le tapis en n’appliquant strictement aucun enjeu dramatique, les personnages qu’elle va rencontrer dans cette ville à l’exception d’un n’ont que très peu d’intérêts en termes dramatiques. Ils sont là pour faire avancer les scènes et donner un lien artificiel, mais jamais pour offrir un contrepoint narratif solide aux personnages de Charlize Theron. D’une certaine façon c’est un peu comme si Diablo Cody avait écrit la version diablement cynique et déprimante sous ses apparences « normales » de . Prise aux pièges de son propre cauchemar, l’héroïne y retourne volontairement alors qu’elle avait eu l’occasion de s’en enfuir plusieurs années auparavant. Le destin on y échappe que rarement ? Voilà peut-être ce que le réalisateur essaye de nous dire en compagnie de sa scénariste, ou alors que c’était tout simplement en étant pied au mur de sa vie que l’héroïne allait pouvoir donner le coup de pied nécessaire pour remonter à la surface ? Peut-être, mais pour que j’en ai quelque chose à faire il aurait encore fallu que tout ne soit pas fait dès le début pour rendre le personnage principal inintéressant en diable. Résultat des courses toute tentative tombe à l’eau et la du chemin sonne plutôt comme une sale défaite qu’un quelconque accomplissement. Profondément incompréhensible au final… On ne peut pas être bon tout le temps, monsieur Reitman. Vous venez d’en faire la démonstration. Dommage…

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Cinéphile compulsif, photographe du dimanche, rat de bibliothèques et cynique en voie de guérison. Rédacteur/Créateur du site, bienvenue dans mon univers. http://www.twitter.com/chandleyr http://www.facebook.com/buzzmygeek

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