[Critique] 21 Jump Street- Channing Tatum/ Jonah Hill-Critique du film

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Quand la première bande-annonce du film a fait son apparition, j’ai été comme beaucoup de vieux cons de ma génération dégoûtés par la relecture. C’est vrai, c’était comme assister au viol de son enfance télévisuelle. J’étais au final sur et certain que ce était une abomination sans nom. La faute à un humour ultra bas de plafond, un côté jeune mal géré…enfin, j’avais absolument tout faux. Oui ce retour aux sources de est une réussite dans son genre. Salement régressif, totalement idiot et assumant du début à la fin le côté rentre-dedans de son humour puéril, le film réussit le pari fou d’être fidèle à l’esprit tout en réussissant en partie à le trahir. Le tout aboutissant à la naissance d’un hybride complètement dingue qui après un démarrage un peu lent ne vous lâche plus une seule seconde. Son seul et unique but devenant de vous faire mourir de rire, chose qu’il réussit bien souvent à ma grande surprise.

Passassions de flambeaux au final, ce film met en avant un duo improbable de flic raté et . Le beau gosse populaire et le nerd qui n’arrive à rien avec les filles. La rencontre et le point de départ de l’amitié entre ce duo est d’ailleurs assez mythiques. Mais ne désirant pas forcément jouer sur un aspect trop facile, le scénario inverse très vite les rôles en renvoyant les deux zouaves sous couvertures dans un lycée plusieurs années après la fin de leurs années d’écoles. Ils ne sont plus en phases avec ce monde qu’il croyait connaître et c’est alors que le vrai côté fun du film débute. Tatum devant se faire passer pour le nerd et pour le mec ultra cool et accessoirement dealer de drogues. Autant dire que les situations arrivant par paquets de douze dans les yeux du spectateur valent leur pesant d’or. C’est d’ailleurs sur cela que repose le cœur du film. Genèse d’un véritable buddy movie non conventionnel, on assiste au final à la rencontre de deux Martin Riggs ado (L’arme fatale) et ce avec toutes les catastrophes que cela occasionne. La cerise sur le gâteau revient a et son interprétation du nouveau capitaine de 21 Jump Street. Son personnage et l’écriture qui va avec résume parfaitement l’esprit de ce nouveau film, savoir jouer de tous les clichés inhérents aux genres, les maltraiter à l’extrême, donner l’impression qu’ils sont unidimensionnels et insérer juste derrière un second degré de lecture juste jouissif. 21 Jump Street est un gigantesque ayant l’intelligence et le recul de se moquer de tous les clichés en vigueur dans le domaine du film d’ par extensions dans la série d’origine.

Et justement, la série d’origine n’est pas mise de côté avec trois caméos en deux temps. Un que beaucoup de gens ne percuteront pas et un dernier qui confine au caméo de l’année. Je n’en dis pas plus, mais après cela difficile de faire un autre caméo aussi drôle dans un film du même genre. Fidèle à l’esprit de la série…je n’en dirais pas plus. Le film n’oublie pas non plus d’être assez riche en actions. Très second degré, mais parfaitement logique par rapport à l’esprit du film. Mais au-delà de tout ce concert de louanges, il ne faut pas oublier le cœur même du film Jonah Hill et Channing Tatum. Le duo n’était pas forcément celui que j’attendais le plus et pourtant l’alliance des contradictions qui se cristallisent dans le physique ou le jeu d’acteurs des deux offre aux spectateurs un véritable grand moment de bonheur. Channing Tatum en particulier continue de jouer avec son image et montre un recul assez salvateur pour se moquer de lui-même et de l’image de beau gosse sans cervelles que l’on peut avoir de lui. Chose qui quand on regarde sa filmo plus en détail apparaît comme une chose idiote. Jonah Hill fait plus dans le classique par rapport à ce que l’on attend de lui, mais il laisse un boulevard pour son partenaire et les excellents seconds rôles ( dont le petit frère de James Franco qui lui ressemble comme deux gouttes d’eau…). Du bonheur sur toute la ligne.

Au final 21 Jump Street version 2012 est tout sauf un ratage. C’est un hommage en forme de pétage de plomb. Différent et totalement respectueux à la fois, le cœur de base reste le même, il n’y a que la forme qui s’adapte à l’époque et aux codes très différents. Fort de caméos mythiques, d’une réalisation sans faille et d’un duo d’acteurs en pleine forme, cette détonne dans le panorama un peu morose du domaine du LOL au cinéma. À voir !

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Cinéphile compulsif, photographe du dimanche, rat de bibliothèques et cynique en voie de guérison. Rédacteur/Créateur du site, bienvenue dans mon univers. http://www.twitter.com/chandleyr http://www.facebook.com/buzzmygeek

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