[Critique] The Dictator-Sacha Baron Cohen- Critique du film

Choquer est un peu le fonds de commerce de Sacha Baron Cohen, que ce soit au travers d’ali-G, Borat, Bruno, il a toujours fait en sorte de créer des personnages tellement haut en couleur et vecteur de tous les débordements possibles en termes d’humour. Allait-il faire quelque chose de différent avec ce général ALADEEN? La réponse est en partie oui. Il revient avec The Dictator a un esprit très proche d’ALI G. Chose qui au final se révèle un choix assez judicieux vu que refaire le coup du documentaire une 3e fois de suite aurait été une erreur. Mais est-ce que le film fonctionne pour autant? J’ai envie de dire pas complètement. A trop vouloir aller très très loin dans l’humour sale… Sacha Baron Cohen se perd un peu en route. Certes, le film est drôle et cela personne ne le remet en cause, mais il l’est plus par intermittence que d’un jet continu. Beaucoup de gags se répètent ou sentent le déjà vu et le métrage n’échappe pas à quelques longueurs assez ennuyeuses en termes de rythmes.

Le gros problème du film est qu’à force d’avoir fait le tour des plateaux de Tv dans son costume de général ALADEEN avec des textes souvent plus drôles que ceux dans le film, Sacha baron Cohen coupe en quelque sorte l’herbe sous le pied de son personnage. On rigole, on sourit et l’on trouve parfois le temps long. Fable un peu bâtarde, oscillant entre la comédie hardcore et la volonté de faire une petite comédie romantique perdue au milieu de gags pas fins, The Dictator ne sait jamais vraiment sur quel pied danser. Pour résumer là où Sacha Baron Cohen avait innové avec Borat et Bruno, il revient aux bases avec ce film et régresse d’une certaine façon à l’époque humoristique d’Ali G, il joue les valeurs sures, mais d’une certaine façon on ne peut s’empêcher d’être un peu déçu. Le bonhomme nous ayant habitués à mieux la plupart du temps. Surfant sur les conflits internationaux et la nébuleuse de personnages flottants dans l’ombre du terrorisme international, le film tente maladroitement d’adresser des pics à des grandes multinationales pétrolières ou autres. Malheureusement, même si sur le fond on comprend l’attaque, on ne peut s’empêcher de trouver la démonstration sur la forme un peu poussive. Les différentes stars faisant des caméos d’ailleurs le font toutes de façon un peu automatique. Signe d’une croyance moyenne dans la finalité du projet?

The Dictator accumule les tirs de mauvais goût avec la minutie d’un général bombardant une ville irakienne, c’est lourd, précis et cela s’écrase en faisant un énorme bruit. Mais peut-être que je suis en passe de devenir un vieux, car en bout de course une certaine lassitude m’a pris à la gorge face à ce bébé. Que ce soit sur le front de la satire, de la comédie ou même de la réalisation, les indicateurs sont tous bloqués sur la case standard. On n’étonne pas, on ne surprend pas, on fait le taff. En rentrant ou revenant dans le rang de la comédie classique, Sacha Baron Cohen a perdu son clinquant et nous notre entrain à rire sur la longueur. Maintenant la question que l’on peut se poser est de savoir si cela signera le chant du signe de son goût immodéré pour les personnages Border line et qu’il va passer à autre chose ( son projet sur freddie Mercury…) ou bien n’était-ce qu’une « erreur de parcours » et reviendra-t-il encore plus fort et plus concis dans l’humour par la suite? Je m’interroge et croise les doigts pour que ce soit le cas.

Au final, l’ennui avec The Dictator est qu’il ne dépasse jamais le stade de blague potache qui en bout de course ne rime pas à grand-chose. Une fois sortie de la salle la durée de vie du film dans l’inconscient collectif est assez faible. La faute a un script qui part dans tous les sens, des gags pas forcément de premières fraicheurs et un Sacha Baron Cohen que l’on a vu plus inspiré. Quand on repense à son interprétation dans Hugo Cabret et ce qu’il est capable de donner en tant qu’acteur on se dit qu’effectivement ce film est une récréation pour lui avant de passer à d’autres choses plus sérieuses et carrées. Car au-delà d’un certain amusement temporaire, il faut être honnête, il ne restera pas grand-chose de ce film.


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Cinéphile compulsif, photographe du dimanche, rat de bibliothèques et cynique en voie de guérison. Rédacteur/Créateur du site, bienvenue dans mon univers. http://www.twitter.com/chandleyr http://www.facebook.com/buzzmygeek

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