Parfois je finis par me dire que le pire ennemie d’un film en est son fan ou accessoirement son détracteur et surtout le pouvoir de nuisance qu’ils peuvent avoir sur le spectateur. Le vrai, le lambda, le monsieur et madame tout le monde qui va au cinéma avec une fréquence beaucoup plus restreinte que la nôtre. Pires encore sont les débats qui découlent de cet amour, en bien ou en mal, la passion qui déborde d’un camp comme de l’autre est-elle fédératrice ? J’avoue avoir de plus en plus de doutes. Voir la ligne de démarcation entre l’avis tranché et le coup de provocation gratuite faite pour attirer l’attention et les commentaires. Batman dernière victime en date. Pris dans le feu de la tourmente médiatique à cause de la fusillade, descendu en flammes par une autre partie des fans de la première heure se retournant contre l’idole qu’ils adoraient quelques années auparavant. La vie de blockbuster de nos jours est tout sauf simple. Loin de la condition de base de film tout court, l’objet se perd en route et mute. D’analyse en analyse, parfois utile, souvent épéhèmere, l’amour que l’on porte à ces films lui porte préjudice dans l’œil du spectateur “normal”. Il frôle l’overdose et décroche.
Parler de cinéma est aussi passionnant qu’exaspérant. De la contradiction dans l’acceptation des idées se nourrit le dialogue et de ce dernier l’échange source de plaisir. Mais que reste-t-il de cette petite utopie quand on est face à la mauvaise personne ? Où que l’on développe sur le mauvais terrain ? Pas grand-chose forcément. Un avis ne vaut que s’il trouve un écho dans l’esprit de son interlocuteur. Échange pour équilibrer la somme de nos lacunes et notre appétit de découverte. Le tout en chassant un surplus d’idées préconçues. En disant cela, je me dis que plus d’une fois j’ai contribué au jeu du trolling, de la discussion à sens unique. Nobody’s perfect comme dirait l’autre. Mais c’est vrai que ces derniers temps, le jeu tourne en rond. On verra si cela change, mais au final le côté artificiel des discussions numériques devient tellement ennuyeux que la discussion à ciel ouvert en terrasse devant un verre reste la meilleure forme d’échange qui soit. La finalité aboutira peut-être à un cul de sac, mais l’échange en frontal, les yeux dans les yeux et en bâtissant un échange digne de Federer VS Nadal est quand même diablement plus drôles non ? Oui je deviens philosophe mode BHL du net en ce moment. C’est inquiétant. Ou pas, on verra…
Tags: cinéma, Critique, dialogue, film, humeur du jour, internet
Carole Nipette
July 24, 2012 at 10:57
Tellement d’accord sur le fait qu’échanger autour d’une passion, ici le cinéma, se fait avec la parole, les yeux dans les yeux plutôt qu’en 140 caractères, même si on n’est pas d’accord ! surtout que parfois en discutant on peut même apprendre des trucs… ça peut être sympa de se retrouver dans les goûts de quelqu’un qu’on follow mais la discussion tourne vite court…
Chandleyr
July 24, 2012 at 13:40
@carole nipette: Ces derniers temps j’ai tellement de mal à définir l’avis réel de la prise de posture numérique que l’ensemble fini par n’être qu’une vague plage de lassitude de lecture. Je me fais vieux.