Modeste ouvrier, Douglas Quaid rêve de s’évader de sa vie frustrante. L’implantation de souvenirs que propose la société Rekall lui paraît l’échappatoire idéale. S’offrir des souvenirs d’agent secret serait parfait… Mais lorsque la procédure d’implantation tourne mal, Quaid se retrouve traqué par la police. Il ne peut plus faire confiance à personne, sauf peut-être à une inconnue qui travaille pour une mystérieuse résistance clandestine. Très vite, la frontière entre l’imagination et la réalité se brouille. Qui est réellement Quaid, et quel est son destin ?
En temps normal, je suis plutôt du genre à donner sa chance à n’importe quel projet. C’est pourquoi quand la news du reboot de Total Recall a fait son apparition, je n’ai pas eu ce sentiment de viol de mon adolescence. Le cinéma est un éternel recommencement et dans le fond je me suis dit pourquoi pas. C’est vrai que le casting était bon et Wiseman à défaut d’être un grand réal s’avérait et encore aujourd’hui d’ailleurs capable de mettre en scène du spectacle correct et divertissant. Le hic est que ce Total Recall est sans nul doute un des blockbusters les plus frustrants qui soit dans son agaçante manie de gâcher tout son potentiel. Total Recall repose sur la simple question de « Est-ce un rêve ou pas ? », le film de Len Wiseman dans un grand moment d’intelligence scénaristique décide de détruire cela dès sa première séquence. Chose qui entraine alors chez le spectateur un questionnement logique s’articulant autour de « Mais pourquoi ? ». Oui, car dès ce moment, ce Total Recall devient tout simplement sans intérêt. Inutile d’aller plus loin le potentiel du film a disparu en une seule séquence tout comme le suspens et votre possible sens du pardon. Dommage, car cela aurait été utile.
Surtout quand on se paye un acteur comme Bryan Cranston et qu’on lui offre en pâture un rôle aussi bancal. Méchant de service et acteur de talent, il réussit quand même à sauver la baraque, mais sous la plume d’un autre réalisateur et d’un vrai scénariste, il y avait de quoi faire quelque chose de grandiose. Suivant les bases de la relation Anderson/ Jovovich (Resident Evil), Wiseman met en scène de la plus belle façon qui soit sa femme Kate Beckinsale. Badass jusqu’au bout des ongles, elle écope de séquences d’actions dynamiques et sympathiques à défaut d’être novatrice, mais même cela ne sauve pas l’ensemble de la lente descente vers le sommeil qui nous prend. Farrell et Biel les deux héros font le service minimum enchainant des situations et des dialogues déjà vus 100 fois dans d’autres films. C’est dans le fond le défaut le plus horrible de ce film en terme d’histoire, celui de ne jamais faire l’effort d’innover. Pire encore de complètement passer à côté de son sujet de base. Car oui Total Recall aurait pu, se nommer juste « mémoires programmées » que personne n’aurait vu la différence. Pourquoi faire un remake/reboot ou quoi que ce soit d’un grand film pour au final aboutir à cela. On n’est pas loin du même fiasco que lorsqu’Hollywood avait eu l’idée brillante de refaire Psychose. Le film n’avait pas besoin d’être revu et corrigé. Amenez des nouvelles idées et concepts de films plutôt que de tenter de faire un coup qui au final s’avère diablement foireux.
L’un des rares points positifs du film réside dans son « production design », que ce soit dans certains visuels des cités «-dortoirs de la colonie » ou de l’UFB, le film trouve ici un instant de grâce. Les soldats synthétiques offrent aussi au film un look particulier et assez jouissif dans les séquences d’actions. Mais est-ce que c’est assez suffisant pour faire oublier le reste ? Colin Farrell est un acteur que j’adore, mais ce qui est agaçant d’une certaine façon avec lui quand il accepte un gros blockbuster est que l’on sent qu’il n’accepte cela qu’uniquement pour valider ses autres projets, les plus petits films moins bankables qui lui tiennent vraiment à cœur. Je ne vais pas me plaindre, car c’est dans ces derniers qu’il est le meilleur, mais pour une fois j’aimerai qu’un real de blockbuster puisse avoir les couilles de le driver correctement et de lui offrir un putain de grand scénario d’entertainement. Farrell est comme Vincent Cassel, une rolls voir une F1 qui si elle n’a pas un vrai pilote pour la maîtriser prend un malin plaisir à faire n’importe quoi ou le strict minimum. C’est dommage et bizarrement d’une certaine façon c’est mieux ainsi. Si c’est pour le voir enchaîner les films indépendants barrés ou brillants, je pardonne sans mal à Collin Farrell de cachetonner dans des daubes du genre de Total Recall. Maintenant que dire en clôture sur le film ? En fait rien, c’est bien le plus triste, ce film ne laisse pas de traces, il prône l’amnésie cinématographique. C’est, déjà cela dirons nous…
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ParisienneDiary
August 16, 2012 at 10:47
Je suis allée le voir hier et même constat que toi, c’est certes beau (avouons le, la ville, l’univers et le fall sont quand même pas mal du tout) mais le scénario ne tient pas. Pendant un moment je me suis demandée si c’était parce que je connaissais le film d’origine sur le bout des doigts, mais non, c’est juste plat. On n’est pas perdu, on se demande jamais ou est la réalité, tout s’enchaine de façon logique et donc perd l’essence même de Total Recall.
Les bons cotés y’en a quand même, mais je ai pu noter que des références à d’autres films et des incohérences assez bof (la bombe a 15 mn quand le voyage doit durer 17).
Bref, longue vie à Shwarzy ^^