La cité du cinéma a fait couler beaucoup d’encres. Avec autant de mal que de bien en bout de courses. Mais vu que faisant partie uniquement du rang des communs des mortels, il m’aura fallu attendre cette journée d’inauguration pour aller découvrir par moi-même de quoi se chauffait la bête. Autant ne pas faire perdre de temps, le résultat est un poil pharaonique et impressionnant. Composé de l’école louis-lumière, des bureaux d’Europa Corp et de monstrueux plateaux de tournage sur le côté du bâtiment, lieu où d’ailleurs Luc Besson tourne son prochain film « Malavita », cette cité du cinéma a définitivement des allures de Hollywood sur Seine. Chose qui sur le papier sonnait comme un pari un peu fou, mais qui une fois concrétisée change mine de rien pas mal la donne. Alors oui, mon point de vue est hors de toutes contingences économiques, vu que je ne suis pas un acteur du marché. Juste au mieux un fanboy cinématographique qui en a pris plein les yeux devant ladite cité du cinéma et le potentiel qui s’y cache.
Que l’on aime ou pas Luc Besson et dieu sait qu’autour de ce projet les critiques sont légions, il faut reconnaître à l’homme une folie assez monstrueuse pour tenter de mettre en place des paris de ce genre. Car aussi magnifique qu’elle soit l’aventure n’est pas sans risques. Il va falloir la faire tourner cette bête pour faire en sorte que le rêve devienne pérenne. Et quand on voit la taille des studios et que l’on effleure du doigt le potentiel de ces derniers en découvrant les impressionnants décors de Malavita, on se dit que si la chose réussit et que le carnet de commandes explose pour faire fonctionner ces plateaux, l’ensemble sera juste énorme. Voir même incroyable. Mais au-delà de ces questionnements, reste le plaisir de simple fan ou futurs spectateurs,celui de s’enfoncer dans un univers que jusque-là on ne pensait plus trop crédible du côté de chez nous du fait de notre économie ou production ne se prêtant pas forcément à ce genre de moyens. Et pourtant…remettons les choses dans le contexte et imaginez un instant ma surprise lors de la visite quand après avoir découvert l’immensité de studio…vide, je vois Luc Besson en personne décider d’ouvrir à la visite l’un des deux studios fermés ce jour-là où se déroulent le tournage de Malavita sa prochaine production. Ni une ni deux, voici Besson en train de déménager quelques caisses avec les manutentionnaires pour que l’on ne foute pas tout en l’air en passant et une avalanche de molosses de la sécu arriver en renfort. Le ton est cordial, mais sans équivoques « Pas de photos ». Dommage, mais compréhensible.
Dommage, car une fois à l’intérieur de ces décors et en cheminant à travers des différentes pièces du tournage ou De Niro et sa famille en planque sous la vigilance de Tommy lee Jones vont évoluer, on est directement sous le charme. Mais la chose est encore plus grande quand soudain on sort dans la (fausse) cour donnant sur le jardin et que soudain son cerveau se met à processer un léger détail. Ce n’est pas juste un petit jardin qui nous fait face, mais bel et bien une cour monstrueuse donnant sur un autre bâtiment type maison normande, elle aussi construite avec le même soin du détail (végétation, devantures,barrières et j’en passe…) Le degré de détail et la qualité de la finition laisse pantois. C’est dans ces moments là en quelque sorte que le môme qui sommeille en vous se réveille. J’ai toujours été fasciné par le cinéma aussi bien sur l’écran que derrière lorsqu’une tonne de petites mains un peu comme une fourmilière en action s’active pour créer quelque chose. Dans le cas présent, c’est un peu pour créer et vendre du rêve. La problématique est de savoir si la force de frappe de la fourmilière sera assez grande pour en donner à tout le monde sur le long terme. L’impossibilité de répondre à la question pour l’instant est totale et un peu comme tout le monde je retiens mon souffle et me perds en conjectures idiotes, vu que d’une certaine façon, elles ne trouveront pas de réponses avant un an minimum. Ne mettons donc pas la charrue avant les bœufs.
Mais à côté de ces studios et de tout ce qu’ils pourraient apporter au cinéma FR s’ils ne se font pas tuer dans l’œuf réside aussi ce potentiel un peu fou, l’école louis lumière directement sur le terrain des hostilités diront nous. N’importe quel élève se destinant au métier de l’audiovisuel ne pourrait rêver d’une situation géographique plus idyllique. Les cours d’un côté et quelques mètres plus bas en descendant les escaliers des plateaux de tournage. Pas des plateaux d’entraînements, des véritables produisant des films de carrure internationale. Je revois les années où je rêvais de faire du cinéma et que ma formation première était plus roots et modeste, si l’on m’avait dit que des opportunités de ce style verraient le jour chez nous j’aurais ri poliment avant de claquer le bec du plaisantin sortant ces mots. Et pourtant, désormais, le fantasme est une réalité, l’équilibre est fragile c’est évident et il en faudra peu pendant plusieurs mois pour que l’ensemble ne prenne pas du plomb dans l’aile, mais mine de rien putain quel pari de fou !
C’est peut-être ce qui rend l’ensemble aussi fascinant, sa démesure, sa volonté nihiliste d’aller à contre-courant d’une production nationale qui n’a peut-être pas les épaules assez solides pour la supporter. Il y a tellement de critiques possibles et inimaginables qui pourraient être faites. Mais en attendant mine de rien et faisant fi de ces dites critiques, Luc Besson a sorti de terre un projet digne d’un Mogul américain. C’est dangereux, fou, ce sera magnifique si cela devient pérenne. Ce sera la foire au je vous l’avais dit si l’ensemble se plante, mais en attendant putain qu’est-ce que je suis fan de ce coup de poker. Respect !
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