Chargés d’annoncer une mauvaise nouvelle à deux personnes âgées au cœur fragile, deux braves « bobbies » appuient sur la sonnette d’un petit pavillon le soir de Noël… La maladresse des deux policiers n’égalant que leur absence de jugeotte, l’affaire prend rapidement une tournure des plus burlesques. La vieille dame n’a plus toute sa tête, une voisine inquiétante terrorise son monde, un pasteur cache quelque chose, une jeune fille peut en cacher une autre, un chien aboie, puis plus…De coups de théâtre en quiproquos désopilants, on rit sans cesse jusqu’au dénouement le plus inattendu. Une nouvelle comédie incontournable à découvrir au Théâtre de la Porte Saint-Martin.
Le boulevard est un style à part entière avec ses forces, ses faiblesses, ses amants dans le placard et ses clichés. Au public de surfer sur cette vague en connaissance de cause en allant voir un spectacle de ce genre. Le hic dans mon cas était que j’avais dit oui en aveugle. Volonté récurrente de vouloir découvrir les choses sans me poser trop de questions ou d’avoir de craintes idiotes. Résultat des courses, me voilà face à un genre 100% boulevard dont il faut bien dire je ne suis malheureusement pas forcément le plus grand fan. Est-ce que je suis donc en passe de démolir le spectacle ? Non ce n’est pas le cas, mais disons que mon regard sera celui d’un poisson hors de son bocal. Je n’étais pas dans mon élément, mais cela ne m’a pas empêché de trouver des points positifs, une fois que l’on passe le cap du 1er tiers de l’histoire qui peine un peu à démarrer. Le tout se caractérisant par des pertes de rythmes au début et un léger décrochage face à l’histoire qui au-delà des performances (véritable centre d’intérêt de la pièce) est un peu anecdotique. Rien de vraiment nouveau, la pièce reprend tous les codes classiques du boulevard et les appliquent à la lettre. On adhère ou non, mais au moins elle est honnête sur le sujet dès le départ, on ne peut donc lui reprocher.
Chevalier et Laspales portent le tout à bout de bras, jonglant aussi bien avec le texte que les aléas (comme un acteur s’assommant à moitié avec un objet du décor pendant la représentation) et c’est ici que le boulevard prend une tournure plus sympathique. L’énergie de la salle et celle des acteurs se mêlent dans une sorte de boule un peu difforme qui pourtant en bout de course réussit à provoquer l’étincelle, celle du rire. Dans le domaine Chevalier et Laspales ont déjà démontré l’efficacité du duo sur les écrans et force est de constater que sur scène la magie opère toujours entre les deux. La magie des vieux couples en quelque sorte. Pris dans le tourbillon de l’histoire aussi classique « qu’abracadabrantesque », il déploie surtout sur le dernier tiers quand toutes les portes claquent et que tous les protagonistes se confrontent en un seul et unique endroit une énergie assez débordante. Tout comme le reste de la troupe (qui parfois en a un peu trop justement). L’ensemble comme je le disais s’enflamme vraiment dans la 3e partie et même si dans le fond le tout ne surprend pas toujours, il réussit à amuser. Ce qui est l’atout principal et dans ce domaine la pièce remplit son contrat. Si vous êtes dans le public cible, le plaisir sera total. Si comme moi plus réfractaire, il vous faudra passer un petit temps d’adaptation.
Voir ou passer son chemin tel est en bout de course la question ? La réponse en ce qui me concerne est voir pour l’ensemble du package expérience théâtrale que représente la découverte d’une pièce à la porte St Martin. Magnifique et old school, ce théâtre est la cerise sur le gâteau de n’importe quelle pièce qui s’y joue. Les menteurs bénéficient de cet apport de plaisir simple, celui de se perdre dans l’immensité d’une salle et de se laisser emporter par la pièce en face de nous, ses acteurs et le rire qui va avec. Les menteurs n’est pas parfait, mais ne cherche pas à mentir sur sa forme première, boulevard un jour, boulevard toujours, la pièce embrasse les forces et faiblesses de ce genre. Choisissiez donc votre camp en fonction de ce détail.
Pour plus d’informations et réserver —> http://www.portestmartin.com/spectacle/piece/les-menteurs
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