Un écrivain de roman policier, Ellison, découvre des bobines de films abandonnés dans sa nouvelle maison. Il apprend alors que l’endroit où il vit a été le théâtre d’évènements terrifiants…
Le buzz autour de ce film était assez énorme et parfois c’est typiquement le genre de signal d’alarme que l’on a tendance à faire semblant de ne pas voir. Oui ces petites alertes qui du coin de l’oreille souffle dans votre esprit une mise en garde parfois salvatrice concernant ce que vous allez voir sur les écrans. Dans le cas de Sinister, j’avais pris le parti de ne rien écouter et d’en lire le moins possible. Me fiant simplement à un efficace trailer, je pensais me retrouver devant quelque chose de vraiment terrifiant. Le hic est que cela ne se passe qu’en partie et souvent pour des mauvaises raisons vu que ces instants de peurs sont provoquer de façons tellement mécaniques que l’on se sent manipulés. Il est quasi obligatoire de sursauter, le problème est que lorsque l’on repense à la peur bleue que l’on à eu et la façon dont elle a été provoquée par la mise en scène, on ne peut s’empêcher d’avoir une déception. Celle du genre qui amène le spectateur à se dire qu’il vient de vivre une expérience qui se contente d’aller d’un point A vers un point G en la jouant sinueuse pour masquer le fait que le scénario brasse parfois beaucoup d’air et point ultra problématique, il le fait souvent concernant le méchant du film et ses motifs, laissant le spectateur dans le vague en compagnie de séquences dites d’horreur dont le seul but est de vous faire passer par intermittence sur la case Jump Scare. C’est la voie express de la peur facile et histoire d’éviter la sortie de route Sinister la prend souvent…Dommage.
Bâti sur l’enquête que mène cet écrivain incarné plutôt brillamment par Ethan Hawke, le film tente de nous faire plonger dans le passé maléfique qui entoure ses films. Deux axes s’affrontent alors ici, ce moment où le spectateur à besoin de matière pour s’attacher aux héros, son histoire, sa quête et son passif et celui où l’on demande voir même exige que ladite enquête ne se repose pas uniquement sur ce que l’on appellera un gimmick dont le réalisateur use et abuse. Car ces petits films tous plus dérangeants les uns que les autres sont la clé de l’histoire, mais chacun se bâtissant sur le même modèle et le scénariste n’amenant que très peu de réponses sur le pourquoi du comment, on finit par regarder la chose de façon un peu détachée. L’histoire livre ses secrets aux comptes gouttes, mais parfois, il est trop tard pour que l’intérêt se remette en marche. Car tout cela apparaît légèrement comme factice, la faute au manque de soin apporté au grand méchant et à sa mythologie. Les explications qui l’accompagnent arrivent au compte goutte et le personnage les distillant ( Vincent Donofrio qui paye ses impôts…) se retrouve avec une utilité narrative dite de passe-plat scénaristique. Il fait avancer le film quand ce dernier risque de s’embourber et passer par la case surplace. Tout comme Insidious et l’apparition des chasseurs de fantômes, Sinister tente d’ajouter des phases d’humour parfois maladroites à une histoire qui n’en demandait pas tant. L’adjoint du shérif personnage inutile au possible écope de ce rôle et l’histoire ne lui en tient presque pas rigueur tant tout cela reste anecdotique au final.
Et c’est bien là le problème central de ce film et le plus rageant en bout de course. Il développe une aura bizarre autour de lui, celle d’un film bridé. Dans la forme et si on le prend pour ce qu’il est un divertissement du dimanche soir, Sinister se hisse dans la lignée d’un succès potentiel à la Paranormal Activity, classique et cousu de fil blanc, le film laisse bien souvent poindre à l’horizon sa mécanique d’écriture « automatique » et maniaque. Tout est fait pour mettre en place une saga comme ce fut le cas à l’époque avec Saw et Paranormal Activity encore aujourd’hui. On ne peut pas en vouloir au producteur d’essayer, il en faut pour tous les goûts et je suis certain que le film trouvera son public. Il est quand même dommage que sur plus d’un point et bien souvent des majeurs, le film ne prenne pas plus de risques que cela et provoque une peur si calculée et pas viscérale du tout. Menu junk food de la peur, le film est un consommable de la peur qui fera sûrement fureur jusqu’à Halloween prochain quand sortira l’éventuelle, mais pourtant si prévisible suite.
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