Vincent et Antoine, deux fans des années 80, dirigent une petite société de spectacle qui fait tourner des sosies dans toute la France. Entre déboires sentimentaux et caprices de leurs pseudo vedettes, l’affaire finit par péricliter. A la veille du dépôt de bilan, ils retrouvent un carton de vieux 45 tours : Jeanne Mas, Jean-Luc Lahaye, Lio, Desireless, Peter & Sloane, François Feldman, Début de soirée, Images, Cookie Dingler, Sabrina, Gilbert Montagné… tous les tubes des années 80 ! Immédiatement, l’étincelle jaillit : pourquoi ne pas faire remonter sur scène les vraies Stars des années 80 ? Les deux producteurs partent alors en quête de ces vedettes oubliées, et montent une tournée de concerts qui débutera dans la galère avant de cartonner en province et triompher… au Stade de France !
Si l’on se borne au simple fait qui implique qu’aller dans une salle de cinéma implique de voir un film de cinéma…le genre de ceux avec un scénario. Pas une ébauche, il est évident que Stars 80 passe complètement à côté de la plaque. Œuvre totalement bicéphale ( logique en fait…) mariant l’humour pantouflard du cinéma italien de Terence Hill et Bud Spencer à un sens du marketing s’insinuant dans chaque cm2 de la pellicule, autant dire que le spectateur un peu trop regardant sur la marchandise, va gentiment vouloir se taper la tête contre son siège et pas qu’une fois.Oui Stars 80 n’est pas un film. D’un point de vue narratif, le film est vide de toutes enjeux et juste d’intérêts vu que dans le fond, il n’a qu’une seule et unique raison d’être…vendre la BO. Du moins servir de teasing parfait pour donner envie d’acheter la BO et c’est en cela que le film démontre son autre visage, celui de la machine parfaitement huilée qui amène le spectateur exactement là où il veut. Très vite il est évident que l’on ne sera pas là pour assister à un semblant d’histoire correct, de rebondissements trépidants ou autres. Le film n’est là que pour ressortir du placard les vieux chanteurs, leur donner plus ou moins la vedette dans des saynètes où le fait qu’ils ne sont pas acteurs plombe l’ensemble. Un calvaire soi-disant drôle jusqu’au climax où ils se mettent à chanter et là le film envoie sa dernière salve en tirant sur la corde de la nostalgie.
Timsit et Anconina ne servent en soit pas à grand-chose dans le scénario, l’histoire qui se raccorde à chacun de ces personnages est anecdotique, cela aurait pu être monsieur bidule et madame machin en remplacement, personne n’y aurait vu la différence. Pourquoi ? Car tout simplement, le film ne désire que s’arrêter sur le retour en grâce de ces chanteurs. Le hic est que ces derniers n’étant pas acteur et le film n’ayant pas eu droit aux services d’un scénariste, la machine prend l’eau dans le domaine. On rigole, allez soyons honnête, mais bien souvent pas forcément pour les bonnes raisons. Jean Luc Lahaie sorte de Jean Claude Vandamme stratosphérique joue sur son image en acceptant de se ridiculiser et parfois même se risquer sur le terrain des vannes border line suite à ses ennuies judiciaires avec une mineur… On rigole plus devant le nihilisme du bonhomme à continuer de creuser sa tombe médiatique qui en soit était déjà joliment fleurie. Le reste de la troupe est au même niveau et jamais le scénario ne fait quoi que ce soit pour que le sort de ses victimes narratives ne s’améliore. Mais ce qui étonne d’autant plus est la façon dont le film essaye de singer les Blues Brothers dans le cœur, sans jamais s’en approcher le moins du monde. Je vous passe les détails relatifs à la séquence dans l’église avec Gilbert Montagné, du gospel et Timsit et Anconina qui dansent au milieu. Tout cela aurait pu être drôle si au moins la réalisation suivait. Mais là encore, histoire de ne pas laisser le scénario tout seul à s’enliser, la mise en scène s’autosaborde de plan en plan. C’est aussi impressionnant qu’effrayant de voir l’application dont font preuve les deux réalisateurs…pour n’avoir pas la moindre idée de mise en scène qui ne semble pas sortir d’une parodie des années 70. Un nouveau concept…
Ce qui nous laisse sur le dernier aspect du film et le cœur même la musique. Toute cette mise en bouche n’a eu comme effet que de servir faire grimper le spectateur dans le wagon des années 80. On est censé oublier tout dès que les vieux chanteurs se mettent à déclamer les vieux tubes. C’est alors que le film prend en fait une allure de playlist en mode shuffle sur Deezer. Sauf qu’ici les coupures pubs laissent place à des vaines tentatives de développements scénaristiques. Forte heureusement pas assez longue pour que l’esprit du spectateur ne s’accroche et lui donne envie d’éprouver quoi que ce soit pour les deux personnages principaux. Pour être honnête, ce sont des passes plats dont on se fout du début à la fin, et ce, malgré le duo comique Anconina Timsit. Stars 80 à l’instar des found footage d’horreur, donne l’impression d’en être un ayant été fait en parallèle de la tournée fictionnelle. Si au moins les jump cut étaient présents, on aurait presque pu justifier les errances ou ellipses ou manque de développement comme une volonté d’accroître le mystère. Mais dans le cas présent, il faut se rendre à l’évidence. Le but de Stars 80 n’est pas de faire un film en soit, juste de vendre des disques en bout de courses ou lancer une possible tournée réel au possible. Thomas Langmann champion de la campagne de pub et de l’incitation à l’achat de disque ? Je ne vois pas d’autres explications pour justifier l’existence de ce film en fait. La nostalgie c’est bien, saupoudré d’un nuage de scénarios c’est mieux…
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darth2602
October 24, 2012 at 11:18
Entre ça et Asterix 3…Thomas Langman devrait n’être que producteur (et encore…)
Chandleyr
October 24, 2012 at 11:40
@darth2602: son coup de génie aura été de produire The Artist et rien que pour cela je ne peux le détester. Mais c’est vrai que je suis moins fan quand il se cantonne a de l’entertainement un peu trop basique.
clarkcool
November 4, 2012 at 00:14
Les années 80 c ma jeunesse et ce film à parfaitement réussi son but c est à dire me divertir et je ne suis pas le seul toute la salle chantait et riait c est la première fois que je vois une telle ambiance dans un ciné mais bon je ne sais pas quel âge à le chroniqueur mais je suis sur que lorsque il y aura un film plus tard avec lorie et Justin bieber tu comprendras mdr
Chandleyr
November 4, 2012 at 01:14
@clarkcool: j’aimerai répondre de façon ironique et sarcastique face à ce commentaire, mais je pense que bwhuahahah est la seule réponse qui s’impose. Bisous.