[Tv] Arrow: retour sur le Dark Knight version Green…

Deathstroke_Arrow

Jusque là les super héros à la Tv avaient la désagréable habitude quand le public cible était adolescents d’avoir le look and feel d’un de Smalville. Une sorte d’aseptisation de l’univers, terraformisation du propos et parfois viol en règle de la mythologie de base. Smalville même si vu au travers des yeux d’un ado peut-être fun, avec désormais plus de recul ne ressemble plus qu’à un gros truc très kitsch et passablement couillon sur la longueur. Imbuvable en fait. C’était donc avec une certaine pression qu’ s’engageait dans le corridor menant vers la première diffusion TV et marchant dans l’ombre de The Dark Knight ( dont mine de rien, il copie les grandes lignes…) la série réussit l’exploit de fonctionner et pas qu’un peu apportant un sang frais à un univers qui dans le domaine commençait franchement à tourner en rond.

L’un des constats les plus évidents serait de dire que oui, Arrow a suivi le petit manuel de l’école Christopher Nolan. Si tu veux faire un super héros de nos jours, il faut que ce dernier soit dark, border line et surtout avec un passif assez lourd niveau trauma. Arrow retient bien la leçon et place son personnage principal Oliver Queen au sein d’une aventure qui le dépasse. De jeunes inconscients insupportables, le voilà de retour 5 ans plus tard transformé en véritable machine à tuer parfaite et désireuse d’une seule et unique chose, laver l’honneur de son père et sauver sa ville. Cette dernière étant assez proche d’une version encore plus corrompue de Gotham City.

Et le parallèle n’est pas si anodin, tant Queen et Wayne sont similaires dans le traitement narratif. Loin des super héros classiques, ils se sont faits eux-mêmes ( plus ou moins…), ils ont la même vision et relation bizarre les unissant à leur ville et l’image du père gravite intensément au dessus de ce qui ressemble de près ou de loin à un traumatisme fondateur. La scission qui les a transformés. Encore une fois dans les deux cas, mais sous des formes avec quelques variantes, c’est la mort d’un parent ou des deux qui enclenche le processus. Mais là où le parcours de Queen bifurque du moins dans Arrow version TV est dans la présence de cette île. Jouant sur deux timelines narratives en synchro ( le présent 5 ans plus tard quand il devient Arrow, et 5 ans avant quand il n’est encore qu’Oliver Queen sur l’île après le naufrage) la série prend son temps pour créer une mythologie en miroir. Un effet de style qui permet de donner plus de profondeur et parfois de mystère aux éléments se déroulant dans le présent. Basés sur une structure narrative qui a fait ses preuves dans une série comme Lost, les aller-retour incessants entre le passé et le présent ne dérangent pas une seule seconde l’immersion du spectateur. Bien au contraire, ils permettent de l’emmener encore plus loin et surtout cimente la décision prise par les producteurs de lentement faire basculer la série vers une approche plus dark.

Alors que les choses soient claires non Arrow n’est pas un film de John Woo période Hong Kong ou autre. Cela reste dans les limites de ce que la télévision autorise, mais là où les producteurs sont intelligents, c’est en comprenant que la violence peut aussi bien être atmosphérique que visible. Apportant un soin assez maniaque au développement de l’univers de Queen ainsi que l’utilisation plus subtile des grands méchants de la saga, la série réussit à trouver une balance très intéressante qui lui permet d’éviter de tomber dans les mêmes travers que Smalville. Utilisant avec parcimonie une galerie de personnages intriguant et parfois attachant, Arrow donne vie à une série adaptée d’un comics qui pour une fois comprend ce dernier et fait en sorte de lui rendre justice de la façon la plus intelligente possible à l’écran. Captive du petit écran, la série fait en sorte d’en tirer le meilleure partie et réutilise cette soi-disant contrainte à son avantage. Arrow est définitivement une excellente surprise que je n’attendais pas.

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Cinéphile compulsif, photographe du dimanche, rat de bibliothèques et cynique en voie de guérison. Rédacteur/Créateur du site, bienvenue dans mon univers. http://www.twitter.com/chandleyr http://www.facebook.com/buzzmygeek

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