Un shérif américain vivant prêt de la frontière mexicaine tente d’arrêter le chef d’un cartel de drogues avant que celui-ci ne s’échappe à Mexico.
Quand Kim Jee-woon saute dans le wagon de l’aventure américaine, on s’attend à ce que sa création égale sans mal ce qu’il a pu faire pour par exemple « j’ai rencontré le diable » ou « Bittersweet Life » des monuments explorant les recoins du film de genre. On a beaucoup d’attentes et la crainte de beaucoup trop de déceptions. Ce qui nous amène à nous poser la question de savoir où se trouve justement « Le dernier rempart » et bien plutôt du côté des déceptions. Là où The Expendables 2 réussissait à passer outre les conventions parodiques du genre, le film de Kim Jee-woon lui s’y enfonce sur plus d’un terrain. En effet, il faut bien le dire « Le dernier rempart » souffre d’un scénario dramatiquement faible et surtout mal structuré. Entre tunnels scénaristiques et personnages clichés, le film ne vous épargne rien et n’en a pas vraiment l’intention en soi. Pourquoi ? Pour la simple et bonne raison que Kim Jee-woon a l’intention unique de se faire sa propre version d’un Western à la version US. De là à dire qu’il est en monde Tsui Hark dans piège à Hong Kong, il n’y a qu’un pas. Si personne ne vous disait que le réalisateur de ce film est aussi celui du magnifique et ultra stylisé « J’ai rencontré le diable » vous ne verriez rien passer. Plombé de surcroit par un scénario ne faisant aucun effort, le film tire par intermittence des sourires, mais n’égale jamais sur le même tableau le vrai bon moment de bonheur régressif que fût « The Expendables 2 » par exemple.
Perdu au milieu de ce gigantesque No Man Land , Schwarzennegger accuse le coup. On finit par avoir de la peine à l’écran tant son personnage encaisse le poids des années. Même si cela est raccord avec son rôle dans le script, il y a quelques choses qui ne tourne plus rond au pays du second degré. La parodie prenant le pas sur l’envie de s’émerveiller comme à l’époque de Commando ou Predator on finit par se détacher lentement de ce qui se passe à l’écran. D’icône à relique, il n’y a qu’un pas et pas besoin de déambulateurs pour le franchir. Le dernier rempart sous sa forme première à savoir parodie de Western réaliste et ultra violente est presque drôle, c’est quand on prend le risque d’appuyer un peu le regard que les choses déraillent. Ne dépassant jamais le cadre du téléfilm, le script renvoie dans les cordes Schwarzy aussi bien que les fans de la grande époque. La pendule à tourner, les styles aussi et à quoi bon s’accrocher à des pièces de collection qui n’ont plus la même aura que d’antan. Le retrogaming des uns se transformant en retrobadassing des autres, la mode des papys du film d’action faisant un comeback est là, durera-t-elle ? Je ne sais pas. Et le souci majeur face à un acteur comme Schwarzenneger est qu’il vieillit mal d’une part, mais n’a pas non plus un jeu d’acteurs suffisant pour lui permettre d’aller dans d’autres directions.
C’est du coup à cet endroit précis que le film prend l’eau de toute part et se transforme en naufrage de type OVNI digne d’un VANDAMNE période TSUI HARK. Que l’on aime Schwarzy ou pas, il faut malheureusement reconnaître que depuis le temps son aura n’est plus ce qu’elle était autrefois. Pris au piège de son âge et de la limitation physique que cela impose, il peine dans ce film à donner espoir pour le futur. La résurgence des papys de l’action fonctionne pour certains, mais dans le cas précis de Schwarzy dame nature lui fait un croche-patte avant même la ligne d’arrivée. Beaucoup sortiront l’argument classique du « il faut prendre le film pour ce qu’il est… » ce qui dans ce cas précis équivaut à dire un mauvais film accumulant les clichés et à la réalisation en roue libre. Le tout sous couvert de retour en grâce d’une icône d’antan. Navré, mais pour moi cela ressemble plus à un supplément de clous sur le cercueil déjà fringuant de Schwarzy. Monsieur votre carrière est derrière vous tout comme vos belles années. Peut-être serait-il temps de changer de registre pour continuer à exister. S’adapter ou disparaître. Le dernier rempart tend à faire pointer ce qu’il reste de la carrière d’Arnold plutôt dans la deuxième direction. Dommage…
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